Face aux crispations de la gauche et des syndicats sur la loi travail, le gouvernement vient de reporter de quinze jours (au 24 mars) la présentation de ce texte. Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement est l'invité de Marc Fauvelle.

800 000 signatures, des syndicats vent debout et Valls qui décale de 15 jours son examen en Conseil des ministres. Report ou enterrement ?

C’est le moyen d’approfondir la discussion, d’améliorer le texte. Le texte n’est même pas en Conseil des ministres. […] Il faut en discuter.

Il y a eu des désinformations sur ce texte ?

On a entendu dire qu’on allait supprimer le paiement des heures supplémentaires, qu’on allait travailler 60 heures, que les temps de repos ne seraient plus intégrés dans un certain nombre d’organisations de travail.

Il y a d’un côté un certain nombre de Français, qui sont inquiets autour de tel ou tel discours et à l’intérieur de la gauche, il y a une compétition, qui est lancée, avec des problématiques de primaires, qui est de mettre à mal l’action de Manuel Valls et de François Hollande .

Il y a manipulation des frondeurs ?

Il n’y a pas une orientation qui ne soit systématiquement contrecarrée par une partie des parlementaires, voire de mon parti. […] De l’autre côté, il y a des Français qui se posent des questions, qui pensent qu’il faut réformer le code du travail. Au-delà, ils veulent savoir s’il y aura de la sécurité au-delà de la flexibilité. La flexibilité est une nécessité pour l’emploi.

15 jours de report, pour quoi faire ? On négocie avec les syndicats. Laurent Berger, dit qu’il a découvert le contenu en ouvrant le journal.

Il y a des dispositions sur lesquelles on doit donner des garanties [comme le] forfait jour dans les PME [qui] peut avoir une double lecture.

Le patron pourra décider seul dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Pour certains salariés c’est une garantie, pour d’autres ça peut être inquiétant. On va discuter pour donner des garanties.

Autre ligne rouge : le licenciement abusif : la loi instaure un plafond maximum pour les indemnités aux prudhommes. 15 mois de salaires. On peut bouger les lignes, avec des exceptions.

Tout ce qui est lié à la dignité de la personne n’est pas concerné.

Il est meilleur pour les salariés d’avoir la prévisibilité des risques inhérents. Est-ce que le plafond fixé aujourd’hui est satisfaisant ? Ce sera discuté.

Les indemnités prudhommales, aujourd’hui c’est la loterie.

C’était l’argument de la droite pour les peines planchers.

Le problème est de savoir si cet argument est la réalité. L’intérêt des salariés c’est l’harmonisation.

Nous voulons que le dialogue social se fasse dans l’entreprise pour faciliter l’adaptation de l’entreprise à son marché.

Martine Aubry c’est le conservatisme social ?

Il y a une façon de regarder dans le rétroviseur.

C’est « Germinal » Martine Aubry ?

Bien sûr que non. Mais les Français ont une vision pessimiste, paternaliste de la protection sociale.

"Depuis des mois, il est difficile de se comprendre [au PS]"

(Auditeur) Je suis engagé au PS depuis 10 ans, on m’a dit que les 35 heures c’était bien, que les licenciements boursiers c’était mal, aujourd’hui on a un ministre de l’Economie qui dit que les 35 heures n’existeront plus.

La durée légale du travail n’est pas remise en cause . Il y aura toujours le déclenchement des heures supplémentaires avec les 35 heures. Les licenciements économiques seront un des sujets de négociations.

(Carine Bécard) Que dites-vous sur le malaise de votre électorat ?

Je ne crois pas cela. Je constate que ceux qui sont sur la ligne de la conservation sont minoritaires à gauche. Avons-nous des difficultés ? Ce que nous faisons, c’est de nous mobiliser, dire que ce que nous faisons est pour l’emploi, pour l’énergie de notre pays.

(Auditeur) On a appris ce week-end le départ de proches de Martine Aubry au PS.

Nous constatons qu’il y a des enjeux politiques, je ne crois pas que la gauche ait à gagner à tirer sur son parti.

Je ne me réjouis pas des départs. Depuis des mois, il est relativement difficile de se comprendre.

(Marc Fauvelle) C’est un rétrécissement de la majorité !

Je ne crois pas. Il y a une crise majeure entre les appareils et les électorats, à gauche, à droite. Je ne crois pas qu’un certain nombre d’appareils soient des appareils qui représentent ce que souhaite l’électorat. Je ne crois pas que ce soit dans la radicalisation et le conservatisme que la gauche trouvera une issue. [Nous sommes] sur ligne d’un social réformisme, ce n’est pas le conservatisme.

(Twitter) Pourquoi ne pas organiser un référendum sur la loi travail puisque « tout le peuple est avec vous » ?

Je n’ai jamais dit cela, j’ai été le premier à reconnaître les critiques. À gauche, je sais que beaucoup de gens recherchent les clivages. Je ne regarde pas d’abord mon camp, je regarde d’abord l’intérêt général. Nous devons franchir une étape : la responsabilisation sociale de l’entreprise.

Jean-Marie Le Guen
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