Tête de liste LR aux régionales en Nord Pas de Calais Picardie, le député-maire de Saint-Quentin dans l'Aisne est l'invité de Patrick Cohen.

La gauche a des états d’âmes sur la prolongation de l’état d’urgence, et vous ?

Aucun. Si c’est proposé par le président de la République, je voterai la prolongation de l’état d’urgence.

L’idée de réviser la Constitution pour permettre de mettre plus facilement en place l’état d’urgence ?

J’ai la même logique : on a besoin d’être protégé, de mettre hors d’état de nuire ces terroristes. C’est eux ou nous.

La fermeture de mosquées pour radicalisation, une première depuis la mise en place de la loi de 1955 ?

Indispensable.

Votre cheval de bataille ce sont les réseaux sociaux, vous avez dénoncé « l’imam Google » avant de les rencontrer la semaine dernière, vous êtes sorti de cette rencontre déçu.

Avant même de se poser la question d’aller dans des mosquées radicales, beaucoup de jeunes vont sur Google pour voir des vidéos. Je reproche à Google de ne pas consacrer de l’argent pour la lutte anti-radicale. Ils se contentent du strict minimum.

Ils ne font aucune modération ?

Non […] Ils se foutent du monde, ils ne prennent pas conscience de leur responsabilité. C’est pareil pour Facebook, Twitter. Je demande au Premier ministre de dire qu’aujourd’hui le strict mininum ne suffit pas. Ils vous disent, on est hébergeur pas éditeur mais au bout d’un moment ces frontière de papier ne nous protège pas.

À propos de bouclier, vous pensez vraiment qu’on peut rendre étanche les réseaux sociaux ?

Il n’y aura pas de risque zéro mais on peut faire beaucoup mieux. Là où il y a un travail à faire, c’est avec les services de police, j’en ai parlé avec eux. Il ne faut pas forcément fermer tous les sites, de façon à pouvoir tracer ceux qui se rendent dessus, mais des millions de vidéos, c’est beaucoup trop !

Nous savons pertinemment qu’ils veulent recommencer. Il faut les mettre hors d’état de nuire.

De la même façon il faut aider les entreprises à lutter contre la radication, le code du travail ne leur donne pas les moyens d’agir quand elles remarquent les premiers signes de radicalisation.

On doit avoir un véritable échange d’informations entre les services de police et les employeurs. Il y a un dernier point auquel je tiens beaucoup : le rétablissement d’un service national. Je n’ai pas la nostalgie de mon service militaire mais supprimer complétement le service militaire était une mauvaise idée.

Si l’on propose des mesures pour rétablir un service national, je m’y associerai.

Que dites- vous quand vous croisez un électeur qui vous annonce qu’il va voter FN ?

Madame Le Pen perd les pédales, elle perd son sang-froid. Elle sent qu’elle a été reine des sondages mais ce ne sont pas les sondages qui votent. Dans un duel à la régulière, elle sait qu’elle va perdre.

Vous appelez Pierre de Saintignon à retirer sa liste ?

Je ne parle pas aux états-majors. Pas de magouille, j’aurai la même liste au premier et au second tour. J’ai des convictions et c’est ça qui fait la différence. Elle sait que dans un duel, à la régulière, face à la droite républicaine, elle ne peut pas gagner.Je serai un candidat à un rassemblement, pas à un affrontement.

"Je suis l'ennemi public du Front national"

(Auditeur) Si le PS fait face au FN, que ferez-vous au second tour ?

La politique fiction n’est pas mon truc. Tout le monde sait que ça se jouera entre Madame Le Pen et moi. Je pense que les sondages donnés au premier tour ne seront pas la réalité, je pense même qu’on ira plus loin en creusant l’écart au second. Je suis l'ennemi public du Front national depuis des années, et je suis victime des sales méthodes de l’extrême droite avec les mensonges et les calomnies.

Est-ce qu’il y a une hiérarchie dans votre aversion, entre le PS et le FN ?

Jean-Louis Boorlo a réveillé Valencienne avec la venue de Toyota. Si le FN avait été à sa place est-ce que Toyota serait venue ? Tout le monde connaît la réponse. Non.

Dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, il y aussi la Picardie, qui avait été gérée par la droite, Charles Baur avait fait alliance avec le FN en 1998.

À l’époque le Front national avait proposé de me soutenir, j’avais dit non, c’est la raison pour laquelle ils me détestent depuis 1998. Ça ne me dérange pas.

(Auditrice) Le but des organisations terroristes, vous l’avez dit tout à l’heure, c’est de nous faire modifier nos modes de vie, or avec la prolongation de l’état d’urgence, il y a des atteintes à notre liberté de circulation, de manifestation, les propositions que vous faites vont dans le sens de ce que vous combattez. Comment vous vous accommodé de cette contradiction ?

C’est eux ou nous. D’autre part on est très loin d’un régime totalitaire. On est très loin aussi des Etats-Unis et de leur Patriot Act. La prolongation de l’état d’urgence ne peut se faire sans un contrôle parlementaire mais on a besoin de renforcer notre protection.

Un mot sur Calais, vous aviez fait sensation cet été avec une critique rigoureuse de la gestion des migrants : en reprochant à la Grande-Bretagne de gérer seul la frontière commune.

Je persiste et je signe : si nous avons un problème à Calais c’est à cause des Anglais. Hier des forces de l’ordre ont encore été blessées. Je ne voudrais pas qu’il y ait un drame terrible pour qu’on se décide à envoyer l’armée en soutien, de façon temporaire, et qu’on revoie les accords du Touquet, qu’on fasse pression sur le gouvernement anglais.Si c’est pour mettre des grillages sur toute la Côte d’opale c’est niet.

(Auditeur) Dans une région aussi urbanisée pourquoi laisser la vice-présidence à Chasse pêche nature et tradition ?

Parce que ce sont des personnalités respectueuses de l’environnement. Il y a toute une ruralité qui ne veut pas se sentir oublié. Je veux mettre en place une DATAR régionale. Lilles doit être la capitale mais ça ne peut pas être le désert autour.

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
  • 0145247000
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.