Après le Loiret, l'Île-de-France se prépare à affronter une crue historique. Sommes-nous bien préparés à ces risques naturels? L'adjoint à la maire de Paris et la spécialiste de la gestion des risques sont nos invités. Avec l'éclairage d'Emmanuel Garnier, historien du climat et des risques.

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Inondations : état de la situation

Bruno Julliard :

La Seine était ce matin à 5,58 mètres, d’après les prévisions des spécialistes elle devrait atteindre un pic de 6 mètres probablement dans l’après-midi. Nous espérons une décrue dans le week-end.

.Les principales conséquences concerneront la circulation. Les Berges de Seine sont fermées, quelques bretelles d’entrée dans paris sont fermées, du côté de la porte de Bercy, toutes les voies navigables sur la Seine ont été interrompues.

Nous sommes passés hier en vigilance orange pour les musées (…) au-delà de 5,50m de crue, il y a un processus automatique de mise en sûreté des œuvres (…) notamment au Petit Palais et au musée d’art contemporain de la ville de Paris, il ne s’agit que des mesures préventives.

Au-delà de la montée de la Seine, il y a des nappes phréatiques pleines qui peuvent amener à des inondations (…) La mairie de Paris appelle les parisiens à enlever de leurs caves tout objet de valeur .

Nous avons appelé tous les gestionnaires privés de parking, quand ils sont en profondeur, ils ont été vidés de tout véhicule.

Emma Haziza :

On a une situation qu’on a déjà connu dans le fil de l’histoire mais les conditions météorologiques qu’on a connues ces derniers jours sont assez nouvelles. Le système météorologique qui s’est mis en place, bloqué par deux anticyclones, sont des situations qu’on vit plutôt dans le sud de la France , qui génèrent ces grands amas pluvieux. Cela a touché un tout petit bassin, du Loing, qui est un affluent de la Seine, qui a atteint des records historiques en terme de pluie, de débit. On suit avec attention la propagation de cette onde de crue.

La montée des eaux varie entre 1 à4 centimètrespar heure, c’est fonction de tous les sous-bassins qui se déversent dans la Seine.

Changements depuis 1982

EH - « Ce qui a changé c’est la culture des ingénieurs entre il y a 20 ans et aujourd’hui. Avant il fallait mettre en place des solutions techniques comme les digues. Mais les ruptures existent, on l’a vu avec Xynthia, à Draguinan. Sur le bassin parisien, on est encore une situation critique, on espère que tous les ouvrages vont tenir, il y a un risque, il y avait d’ailleurs un programme pour renforcer ces ouvrages dans les années à venir »

BJ – « Il y a eu la création de quatre grands réservoirs qui permettent d’éviter que des milliers de mètre-cubes d’eau se déversent dans la Sein »

« En termes de sécurité on a installé des batards d’eau, des ponts amovibles le long des berges de la seine, il y a un système d’étanchéité de nos égouts, nous allons installer des cheminées sur les égouts pour éviter le mélange des eaux des égouts et de la Seine »

« Je voudrais rendre hommage au travail exceptionnel des professionnels »

Ouverture d’un camp de migrants dans Paris

BJ - « Nous l’espérons dans les prochaines semaines, courant été »

« La meilleure des solutions n’est pas forcément un camp humanitaire le plus important possible (…). Le vrai problème est celui des primo-arrivant, qui sont obligés de constituer des camps dans des situations indignes. C’est insupportable. Anne Hidalgo a dit : ça suffit ! Il faut créer un centre d’humanitaire d’urgence avec hébergement pour que nous puissions les accueillir quelques jours pour ensuite les répartir dans des centres d’hébergement et faire des demandes d’asile. »

« On ne peut pas continuer à avoir une solidarité honteuse »

« Notre pays est capable d’accueillir quelques milliers de migrants »

« Ce sera plusieurs centaines de places »

Prévention des riverains

BJ - « Je prends tous les paris sur la capacité des riverains et de la solidarité, y compris dans le 16ème arrondissement pur accueillir des migrants dignement »

Impact de l’urbanisation sur les inondations

EH – « Le problème c’est que les sinistrés que l’on peut voir sont dans des zones rurales, on ne peut pas parler d’impact direct de l’urbanisation (…) on a surtout des territoires saturés en eau »

« Attention une crue centennale c’est une chance sur cent de se produire tous les ans . Dans l’Histoire au XVIIè siècle, on a vu trois crues centennales sur la Seine, pareil pour la Loire ! »

BJ – « En 1910, la crue a eu lieu en Janvier, quand les sols sont gelés, donc incapables d’absorbés de l’eau »

Violence des catastrophes naturelles

EG – « Les archives de la ville de Paris nous montrent une fréquence assez soutenue de périodes d’inondations et de sécheresse. Depuis 1500 on peut recenser une cinquantaine d’inondations de forte intensité, ce qui fait un retour de cet évènement tous les 10 ans et demi en moyenne »

« Le XXè siècle compte pour 10% de ces inondations, le XVIè compte lui pour 50% des inondations, le Pont Marie avait été emporté avec ses habitants »

« On parle de la situation exceptionnelle de cette inondation avec sa chronologie, elle intervient en juin. Là aussi, les archives nous montrent que 30% des inondations se déroulèrent entre les mois d’avril et juin »

Préparation aux catastrophes naturelles

EG – « On a sous-estimé la vitesse de déplacement de l’onde de crue (…) On vit dans une société sans mémoire. La société a perdu la mémoire des risques .

« Les populations avaient des repères de crue de partout dans le tissu parisien, ces repères ont disparu . Les quelques repères concernent principalement 1910, un évènement qu’on surdimensionne, alors que d’autres évènements ont été encore plus dramatique »

BJ – « Nous avons progressé sur la capacité de l’ensemble des professionnels, des institutions le long de la Seine, pour pouvoir assumer les conséquences négatives d’une crue »

Ouverture d’un camp de migrants à Paris porte de la Chapelle

BJ - « Le site de la Chapelle est un des sites possibles pour accueillir des primo-arrivants »

« Le combat pour la mixité sociale est un de nos combats quotidiens»

« Nous sommes allés au-delà de nos compétences, nous avons investi 14 millions d’euros pour accueillir des migrants en situation. Nous ne pouvons pas le faire seul, c’est pour cela que nous demandons une intervention plus importante de l’Etat »

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