Il est l'un des acteurs français les plus populaires, roi de la maladresse et du comique de l'absurde. La Cinémathèque Française lui consacre une rétrospective (6 au 27 avril à Paris)

►►►Pierre Richard répond aux questions de Patrick Cohen

Vos films seront projetés à la cinémathèque pour une grande rétrospective, Vous prenez ça comme un honneur ?

Je prends ça comme une reconnaissance de tout le travail que j’ai fait pendant ma vie d’acteur . Le mot de travail est indécent, c’était 40 ans de récréation .

Tourner avec Carmet ou Depardieu, je ne peux pas dire que c’était du travail.

►►►Pierre Richard : "Je n'ai eu que du plaisir, 40 ans de récréation"

On a tous en nous un morceau de Pierre Richard, qui Ce qui nous intéresse c’est ce que vous avez inventé dans vos trois premiers films, qui tout en faisant rire, dénoncent. On peut dire que c’est une sorte de burlesque contestateur ?

On dit toujours mon personnage poétique […] ce qui m’intéressait à travers le burlesque, je m’étais toujours attaché à dénoncer les choses qui me mettaient en colère.

A l’époque, la pollution constante et journalière de la publicité me mettait en colère.

On se demande si aujourd’hui on pourrait traiter ça avec autant de légèreté que ce que vous faisiez à l’époque ?

Peut-être que si j’avais voulu faire un film grave, j’aurais trouvé des blocages.

Une partie des gens n’ont vu que le burlesque.

Dans votre film « Je sais rien mais je dirais tout », il y a une scène burlesque où un agent demande à un réfugié bulgare ses papiers, ce qui fait l’objet de nombreux malentendus. Vous avez pensé à cette scène lors de la scène des réfugiés ?

Ce genre de conversation doit arriver tous les jours aujourd’hui. Le problème est autrement plus grave que lorsque j’ai écrit ce film.

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Ce qui frappe en voyant ces films c’est votre rébellion à toute forme d’autorité, dans votre troisième film « je sais rien mais je dirais tout », il y a toutes les autorités, notamment un évêque. C’est le produit de votre enfance ?

J’ai fait huit ans de pensionnat religieux. Je n’en ai pas été la victime mais je connais des copains qui l’ont été.

Mon grand-père était un industriel, il fabriquait de l’acier.

Le film de Francis Veber « Le jouet » est aussi d’actualité !

C’est peut-être mon film préféré.

Il y a cette phrase extraordinaire, Michel Bouquet dit à Jacques François dans le film : « Ça vous amuse de voir ces photos dans les journaux ? Ça vous amuse de voir des déshabillés ? Alors enlever votre pantalon. » Et Jacques François, qui a peur de perdre son pantalon le fait. Michel Bouquet lui dit alors « Et maintenant, quel est le plus odieux de nous deux, moi qui vous demande de baisser votre pantalon ou vous qui acceptez de le faire ? ».

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Quels sont vos films que vous re-regardez ?

Je ne regarde jamais mes films.

Le cinéma c’est fait pour être consommé en commun.

Ça vaut la peine de vous voir évoluer en grand format, avec votre jeu de jambes qui vous a rendu célèbre ?

Les films ont été remastérisés, ils seront beaucoup plus beaux qu’à la télévision. Quand je vois le temps que mettent les chefs opérateurs à régler la lumière.

J’ai lu souvent que vous vous plaignez d’un manque de reconnaissance, vous avez longtemps été méprisé par les critiques. J’ai cherché votre première mention dans « Le masque et la plume », c’était pour « Les malheurs d’Alfred » et c’était très élogieux.

Qui sont les héritiers de Tati, Pierre Etaix, Pierre Richard ?

Peut-être PEF, Pierre-François Martin-Laval, j’avais failli tourner avec lui son premier film, c’était du burlesque poétique. Dupontel pratique aussi le burlesque.

(Auditeur) Est-ce que vous avez conscience de votre impact dans la culture ? On dit souvent « faire son Pierre Richard ».

Il faut être très adroit pour jouer les maladroits.

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(Auditeur) Quelles sont vos indignations aujourd’hui ?

On pourrait englober ça sous une phrase : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». On vit dans l’indécence perpétuelle.

J’ai quand même vécu 68, ça recommence un peu, ils n’ont pas forcément tort.

Je suis inquiet pour l’avenir des jeunes.

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