Le débat analysé par l'Institut Médiascopie

L’ANALYSE DE DENIS MUZET (INSTITUT MÉDIASCOPIE)

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Résultats de la Médiascopie du débat de la Matinale de France Inter du 6 mars entre Henri Guaino et Daniel Cohn-Bendit, réalisée auprès d’un échantillon d’une centaine de Français de tous profils sociodémographiques et de toutes sensibilités politiques.

Daniel Cohn-Bendit domine Henri Guaino , selon notre Médiascopie, mais ce dernier ne fait pas pâle figure, loin de là, il marque même des points, et pas forcément là où on l’attendait.

Sur l’Europe et une éventuelle renégociation du Traité : Daniel Cohn-Bendit ouvre le feu en entraînant l’ensemble des Français, à l’exception notable des électeurs de l’UMP, quand il invite François Hollande et les écologistes à louer un Airbus, se rendre à Berlin et négocier avec le SPD et les “écolos”, qui y sont eux aussi favorables, un “paquet commun” destiné à renforcer le Traité dans sa dimension de solidarité. Henri Guaino a beau expliquer qu’il y avait le feu au lac et que “sans compromis, l’Euro aurait explosé”, il ne convainc pas les extrêmes – gauche radicale et droite dure. Daniel Cohn-Bendit ramasse la mise en donnant une leçon de politique : selon lui, dès lors qu’Angela Merckel était en position de faiblesse, ayant absolument besoin de voir ratifié le Traité, un espace de négociation s’ouvrait, qui permettait d’améliorer son volet solidarité. À partir de là, Henri Guaino a beau répéter à qui veut l’entendre qu’annoncer qu’on va renégocier le Traité est une illusion, l’hymne de Daniel Cohn-Bendit au volontarisme politique – “en démocratie il n’y a jamais une situation où il n’y a pas d’autre choix” – rallie à son panache l’ensemble des électeurs !

Sur l’école républicaine : Henri Guaino braque d’emblée la gauche en invitant le Parti socialiste à rompre avec les “pédagogistes” qui ont “mis à mal l’autorité du maître” ; mais il retrouve son adhésion quand il explique que les principes de l’école de Jules Ferry, jugés un instant dépassés par Cohn-Bendit, restent les siens. C’est pourtant le député européen des Verts qui emporte la mise sur deux éléments : d’abord quand il déclare important que le français comme langue minoritaire soit soutenu en Tunisie, ce qui ne plaît pas, dit au passage, à la droite dure… Ensuite quand il dresse l’échec de l’école républicaine qui n’a pas réussi à garantir à tous les enfants l’accès à des études. L’adhésion est consensuelle et culmine ici à 7,2/10.

Sur la viande Halal : voilà un sujet sur lequel chacun gagne à tour de rôle dans ce débat, Henri Guaino soulignant que chacun a le droit de savoir ce qu’il mange et qu’il faut un étiquetage selon le système d’abattage, Daniel Cohn-Bendit invitant toutes les religions, dans la foulée des déclarations de François Fillon, à se poser le problème de leur évolution au regard de la modernité.

Maisc’est, au final, le député européen qui porte l’estocade, quand il se dit “profondément dérangé” par le cynisme politique de Nicolas Sarkozy qui “n’a rien à cirer du mariage gay”, mais s’y déclare néanmoins favorable parce qu’il peut en attendre des voix. S’il ne convainc pas les électeurs de l’UMP sur cette ultime attaque, il entraîne avec l’ensemble des électeurs de gauche ceux de Marine Le Pen. L’adhésion est spectaculaire, elle grimpe à 7/10. Henri Guaino n’a pas le dernier mot !

Henri Guaino et Daniel Cohn-Bendit
Henri Guaino et Daniel Cohn-Bendit © Radio France / Anne Audigier

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