Le leader du parti Les Républicains et ancien président de la République est l'invité exceptionnel de la matinale. Il répond aux questions de Patrick Cohen, Léa Salamé et des auditeurs de France Inter.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Première partie : Nicolas Sarkozy répond à Léa Salamé

Il y a deux régions où la gauche n’est pas représentée au second tour, trois en comptant le grand Est, des régions dont vos candidats vont dépendre des électeurs de gauche, vous n’avez rien à leur dire ?

Nous parlons à tous les Français quels qu’ils soient. Ces électeurs n’appartiennent pas à la gauche, à la droite, au Front national. Ce n’est pas parce qu’on a voté à gauche, à droite, au Front national au premier tour qu’on doit être catalogué. Tous ceux qui veulent éviter que Madame Le Pen dirige le nord ou le sud doivent se tourner vers les candidats Républicains.

Certains de ces électeurs attendent qu’on leur démontre que LR et le FN ce n’est pas la même chose ?

Si vous écoutez les discours de madame Le Pen elle ne cesse d’attaquer les Républicains. Y-a-t-il un seul moment où j’ai cessé de combattre le Front national ?

Je me mets à la place des électeurs de Français Hollande. Il avait promis la retraite à 60 ans, il se réjouit quand on la porte à 63 ans, il avait promis de faire une politique différente de la mienne et il vient demander le retrait de nationalité, je comprends qu’ils soient « tourneboussolés ».

La région Provence Alpes Côte d’Azur, qui vit du tourisme et sur l’ouverture à l’étranger, voulez-vous qu’elle soit dirigée par la nièce ?

Je vous ai entendu à Avignon, vous avez dit : « si dans un an Schengen n’est pas revenu dans un état normal de fonctionnement je rétablirai le contrôle des frontières de la France. » Est-ce que c’est réaliste pour les frontaliers ?

Le besoin identitaire n’a rien à voir avec la peur. Aimer son pays, sa culture, sa langue, ce n’est pas un « repliement » sur soi.

Arrêtons d’assimiler le besoin identitaire à une peur. Avez-vous vu, vous qui aimé vous promenez dans les forêts un arbre géant sans racine ? La frontière n’est pas un mur, c’est un filtre. Un pays qui peut contrôler c’est un pays qui n’a pas peur de l’autre. Vouloir nier les frontière, les nations c’est une erreur.

On a fait l’Europe pour nous protéger, pas pour nous exposer.

Le rétablissement des frontières nationales c’est une proposition phare du Front national.

Schengen est mort, donc un Schengen 2 n’est pas de nouveau posé et organisé. Que serait un Schengen 2 ? Des pays qui se seraient donnés la peine de se coordonner : donner le même montant d’allocations sociales aux migrants.

Est-ce que vous prenez au sérieux la victoire de marine Le Pen en 2017 ?

Ce que je prends au sérieux c’est la désespérance, la perte de crédibilité de toute parole publique.

Vous trouvez qu’on ne débat pas de l’immigration ?

Dès que quelqu’un prononçait le mot d’immigration il était raciste, dès que quelqu’un disait que le maître n’était pas un copain à l’école, c’était un réactionnaire, dès que quelqu’un défendait la famille, c’était un petit bourgeois. L’ensemble du modèle européen, se sent minoritaire dans le monde nouveau, il doit inventer un nouveau modèle.

Lorsque Monsieur Tusk, le Président du Conseil de l’Europe, dit que 10 millions de Syriens veulent venir en France, vous ne croyez pas que les gens sont angoissés ?

"Je n'ai aucun remords sur notre intervention en Libye"

(Auditeur) Est-ce que vous regrettez vous intervention en Libye ?

La coalition en Libye, il y avait 53 pays, ça dépassait bien ma personne. Monsieur Kadhafi, qui est sans doute le dictateur le plus cruel autour de la Méditerranée, a déclaré en 2006 : je ferai couler des rivières de sang à Benghazi. Nous avons libéré de ce dictateur la Libye. En juin 2012, les premières élections libres ont eu lieu en Libye. Qui les ont gagnées ? Des modérés musulmans. Et on a laissé tomber la Libye ensuite.

La Méditerranée c’est notre jardin. Je n’ai aucun remords sur notre intervention en Libye. Nous aurions dû intervenir en Syrie bien avant.

Après la chute de Kadhafi, le problème n’a pas été de ne pas prendre le Libye en main. Vous étiez encore aux affaires ?

Non. J’ai quitté le pouvoir en juillet 2012. Cette malheureuse Libye qui a vécu sous le joug d’un dictateur humain. Tout le monde a laissé tomber la Libye depuis juillet 2012.

Quand François Hollande a lancé que le pacte de sécurité devait l’emporter sur le pacte de stabilité, est-ce que cette idée vous fait horreur ?

Non. Dans la montée du Front national il y a 1,5 millions de chômeurs de plus depuis 2012. Quand vous avez 25% des jeunes qui n’ont pas d’emplois, il ne faut pas s’étonner que les jeunes ne fassent pas un choix de raison mais de rejet. Ce choc fiscal de 48 milliards d’euros, les gens n’en peuvent plus. Je me demande encore bien pourquoi il a voulu supprimer les heures supplémentaires qui profitaient aux travailleurs pauvres. Pourquoi pénaliser le travail ?

Vous feriez des baisses d’impôts massives. La rigueur n’est plus une priorité à vos yeux ?

Le choix de la baisse d’impôts ce n’est pas une alternative. C’est ça ou mourir. Ça passera par des baisses de dépenses considérables, ça nous obligera à mettre sur la table la durée de travail des fonctionnaires.

(Auditeur) Hier j’étais à Rochefort, j’étais choqué, quand vous courez après les voix du Front national ce n’est pas digne, on a besoin d’espoir. La tendance que vous avez au lie « c’est le désespoir ces gens-là » vous leur dites « venez avec nous », mais on n’en veut pas des gens du Front national !

Vous voulez une France qui rassemble mais en disant ce que vous dites, vous faites le contraire de ce à quoi vous m’appelez. Vous voudriez que je sectarise les personnes qui votent Front national. C’est l’inverse de ce qu’il faut faire.

Si vous leur dites « vous n’êtes pas des bons Français », vous croyez qu’on les fait venir ?

La France c’est un amour partagé, si des gens nous ont quittés, c’est qu’ils ont été déçus, on doit se faire des reproches à nous-mêmes. Parler à tout le monde c’est la République. Ne courez pas après les sectaires, faites comme moi, ouvrez-vous.

(Twitter) Sans le MoDem, sans l’UDI vous seriez arrivé derrière le PS. Quelle leçon tirer ?

C’est bien pour ça que j’ai voulu l’union. Avec des socialistes qui rassemblaient contre eux autant de monde, il fallait se rassembler. Je veux tenir le discours du rassemblement.

(Auditeur) Quels sont les changements au FN qui permettrait à ce pouvoir d’accéder au pouvoir ? Il ne faut pas oublier que Monsieur Sarkozy a échoué et qu’il doit laisser la place aux jeunes?

Quels changements du Front national permettraient qu’on s’associe avec eux ? Aucun. Laisser ma place ? J’ai été élu au premier tour à 65%.

La question du renouvellement vous a été posée par Léa Salamé.

Elle se pose pour chacun de nous, aux politiques comme aux journalistes.

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