Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, était l'invité de Patrick Cohen. Il est revenu sur les élections régionales, la liste qu’il conduit en Ile de France, ainsi que ses divergences avec la politique gouvernementale.

Patrick Cohen : "Le Front de gauche propose une liste en Ile de France, concurrente du PS…"

Pierre Laurent : "Nous avons besoin d’une politique d’investissement massive, transport, politique sociale etc., la différence c’est que nous voulons une remise en cause des politiques publiques. Nous sommes toujours constructifs, même dans l’opposition. Je souhaite une majorité qui empêche Valérie Pécresse de prendre le pouvoir dans la région Ile de France. Il vaut mieux que ma liste soit très haut au premier tour. Il faut des engagements en matière de logement 100.000 logements par an dont 50 000 logements sociaux. En matière de transport il en faut beaucoup plus. Si on ne change pas d’échelles on ira envers de vrais problèmes. Quand j’entends encore le Premier ministre enterrer à Science Po le droit de vote des étrangers alors qu’ils participent au développement de la richesse de la région, ça crée un sentiment de malaise important."

Le lancement du mouvement commun avec Cécile Duflot, Pourria Amirshah... c'est une bonne idée ?

"J’ai envie d’encourager toutes les initiatives qui permettront de relancer le mouvement populaire. La question qui va se poser c’est de faire émerger un nouveau projet à gauche. Il faut donc construire une autre réponse à gauche, tout ce qui y participe est une bonne chose. Je pense qu’il y a des forces nombreuses et majoritaires à gauche qui veulent gagner face à la droite et l’extrême droite. Je ne suis pas nostalgique de la gauche plurielle, je veux créer une nouvelle réponse à gauche. Le Portugal est une excellente nouvelle, c’est un pays qui tente une rupture avec l’austérité. Ce qui est intéressant avec le Portugal c’est qu’il y a eu un débat au Parti socialiste pour savoir s’il fallait s’allier avec la droite. Cela n’a pas été le cas. Le Part communiste pèse près de 20% des voix là-bas. En matière de politique d’austérité on peut toujours trouver pire que ce qu’il se fait chez nous. Les problèmes d’austérités sont là en France, on les sous-estime beaucoup trop. Concernant les retraites par exemple : nous sommes en France en train de fabriquer une société de retraités pauvres."

Comment expliquer qu’au Parti communiste français qu’il y ait eu un transfert des voix au Front national ?

"Il n’y a pas de transfert total des voix du vote communiste au Front national. Nous avons conscience de cette situation et nous travaillons aux solutions. En Ile de France par ex le Front national supprime les budgets des associations, de la culture, si le FN venait au pouvoir ça ferait un massacre. Le progrès du FN n’a pas commencé dans les villes où le FN était fort."

Pourquoi le communisme n’a pas plus de succès en France puisqu’il met l’humain au centre de ses préoccupations ?

"La Sécurité sociale est une idée qui a été inventé par les communistes, l’idée de mettre l’humain avant la finance est toujours d’actualité. Nos idées peuvent retrouver de la vigueur dans notre société d’aujourd’hui. Partout dans le monde où il y a des expériences à gauche le PC est partie prenante. Le plan qui a été imposé à la Grèce est scandaleux. Je n’ai pas lâché Alexis Tsipras parce qu’il faut continuer d’aider les forces de ce pays. Il faut garder en perspective une union des pays européens. Il faut changer profondément les objectifs de la zone euro."

Jean-Luc Mélenchon est-il un obstacle majeur pour gauche de la gauche pour 2017 ?

"Sur cette question je suis favorable pour travailler à créer les conditions d’une convergence à gauche (de gens très différents). Chacun doit y travailler, cela demande des efforts politiques."

"Hollande pire que Sarkozy", dit Jean-Luc Mélenchon…

"Je n’aurais pas prononcé cette phrase, je ne participerai pas à la banalisation du retour de Nicolas Sarkozy."

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.