Le cinéaste revient avec son huitième film, Belles familles, en salles le 14 octobre. Il est l'invité de Patrick Cohen.

Il faut dans un film que quelque chose pulse, comme dans le jazz

Résumé du film ?

L’idée était de faire une marqueterie sur une série de portraits et d’histoires qui s’entrelacent […] C’est pour moi une étude de rythme.

À quoi tient cette gaité ? A partir de la même trame on aurait pu imaginer un drame, à quoi ça tient ?

Il faut travailler longtemps, il ne faut pas que le travail se voie pour faire léger.

Vous êtes très attaché au rythme, notamment dans les dialogues (La vie de Château, Le sauvage)

Vous aimez les femmes rapides ?

Elles le sont non ? Nous sommes entourés de femmes qui parlent trop vite. Catherine Deneuve au début s’est excusée : je parle trop vite. Elle m’expliquait qu’elle venait d’une famille de quatre filles et que quand elle arrivait à table c’était à celle qui parlerait le plus vite pour dire le plus de choses possibles.

Votre modèle en tête ?

Le réalisateur américain Howard Hawks qui contrôlait au chronomètre et disait : "tu peux essayer de gagner cinq secondes ?"

Il faut dans un film que quelque chose pulse, comme dans le jazz que j’adore.

Et chez Marine Vacth, vous avez retrouvé une fille rapide ?

C’est la divine surprise pour moi et pour le cinéma français. Elle fait penser à la Catherine Deneuve des débuts, Catherine qui a toujours cette flamme en elle.

Si l’amendement Besson peut éviter à tant de films de se tourner à l’étranger, ce serait pas mal

Guillaume de Tonquédec intervient

Jean-Paul Rappeneau était comme une jeune-fille toute émue quand il m’a proposé le scénario. […] Je l’ai lu par politesse […] C’était évidemment formidable. Je l’ai ensuite rencontré dans le café Rostand, pour le réalisateur de Cyrano, ça ne s’invente pas.

Jean-Paul a d’abord besoin de trouver les décors, ensuite il fait lui-même les déplacements qu’il va proposer aux comédiens. […] C’est comme s’il avait embauché une bande de solistes qui devraient se placer sous la baguette du chef d’orchestre de génie.

Pour moi les très grandes comédies reposent sur de la noirceur.

Jean-Paul Rappeneau :

Le jour où l’on a fait le choix des comédiens, le film est joué.

Je suis le métronome, malgré moi. Quand les comédiens jouent, comme ce matin devant vous, je ne pas m’empêcher de pulser, d’onduler dans le rythme des répliques.

Le tournage des mariés de l’an II en Roumanie était très difficile ?

À l’époque le film n’aurait pas pu se tourner en France, il coûtait trop cher.

Ça nous ramène à l’amendement Besson qui va permettre de faire profiter à des productions françaises d’avantages fiscaux

Cyrano de Bergerac, une autre délocalisation s’est tournée en Hongrie. On est partis en Hongrie l’été où le rideau de fer commençait à craquer. […] Si cet amendement peut éviter à tant de films de se tourner ailleurs ce serait pas mal.

Sur Gérard Depardieu :

Le respect des "e" muets dans Cyrano de Bergerac par Gérard Depardieu mériterait un ouvrage entier. J'aime profondément Gérard Depardieu, c'est un frère.

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