Le député LR Eric Ciotti, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes vient de faire voter dans son département une mesure anti-35 heures : la suppression de 11 jours de RTT et 3 jours de vacances pour ses fonctionnaires. Il était l'invité de Patrick Cohen.

Patrick Cohen : que pensez-vous des propositions de la ministre de l’Education pour la mixité scolaire ?

Eric Ciotti : "Je dirais que c’est un nouvel alibi esbroufe, à quelques jours des élections régionales. La réalité c’est l’échec d’un système scolaire qui laisse de côté beaucoup de jeunes."

Beaucoup de spécialistes pensent que la mixité peut élever le niveau des jeunes.

"Je pense que c’est une erreur. Ça peut être un moyen mais ce n’est pas grâce à la mixité que le système va s’améliorer. Je pense qu’il faut revenir aux enseignements fondamentaux."

Vous ne serez pas volontaires ? Il y a 17 départements volontaires, 50 à 80 collèges vont tester les expérimentations. Il y a eu un communiqué violent qui dénonce "un fichage social et une violence faite aux familles"…

"Je suis pour la liberté de choix des familles, tout ce qui va vers un modèle imposé depuis Paris, je ne suis pas pour. Il faut de la liberté, il faut faire remonter tous les établissements, il faut hisser ces élèves vers le haut et ne pas faire baisser ce niveau globalement. L’idée, l’idéologie de Najat Vallaud-Belkacem est un nivellement par le bas."

Il faut de la mixité dans les collèges ?

"Il ne faut pas des ghettos sociaux, il ne faut pas de ghettos ethniques. Mais la réalité est là. Il faut lutter avec des moyens pour donner de l’emploi, pour favoriser l’intégration des populations étrangères dans ces quartiers, pas avec des mesures gadget !"

Vos agents départementaux vont perdre 3 jours de congés et 11 jours de RTT. Ce sont des privilégiés ?

"C’est vrai qu’il y avait un système très favorable. Dans un pays où il y a 6 millions de chômeurs, […] j’ai appelé les fonctionnaires du département à travailler un peu plus. Ce que je souhaite c’est plus de fonctionnaires par jour sur le terrain et globalement moins d’effectifs pour des raisons budgétaires. Les effectifs des collectivités ont été multipliés par deux depuis 1980. Est-ce acceptable ? Non."

Vous n’avez pas obtenu l’agrément des syndicats des agents ?

"Nous les avons consultés. Il y a eu deux commissions techniques paritaires. Ils ont émis un avis négatif. Cela traduit une posture négative des syndicats. J’ai pris mes responsabilités. On parle de la défiance à l’encontre du monde politique. Moi, j’ai des convictions, je considère que les 35 heures ont été une calamité pour notre pays. J’essaie de mettre en accord mes convictions et mes actes."

En cas de retour au pouvoir vous pourriez réformer de cette façon sans passer par le paritarisme et le dialogue social ?

"S’il y a un accord paritaire tant mieux mais le dernier mot revient aux politiques."

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