Le Premier ministre britannique David Cameron a présenté mardi ses propositions de réformes de l'Union européenne en vue d'éviter un "Brexit". L'ambassadeur du Royaume-Uni en France est l'invité de Patrick Cohen.

La situation de Calais : ils sont au moins 4 500 concentrés. Certains affrontent les forces de l’ordre car ils n’ont qu’un objectif : passer en Angleterre mais la frontière semble hermétique depuis le 25 octobre dernier.

Je rends hommage aux gens qui protègent Calais. L’approche des autorités françaises est la bonne. Il faut que les passent par la voie légale pour obtenir le statut de réfugié.

Mais c’est la France qui supporte cela. La GB n’a ni responsabilité ni obligation de contrôle ?

Nous avons mis en œuvre les frontières juxtaposées après Sangatte car c’était le moyen le plus efficace de gérer les flux. Oui on dépend des Français pour la sécurité mais on travaille main dans la main.

Il y aura ou il y a déjà des policiers britanniques, c’est le sens de l’accord conclu ?

Il y a des centaines de policiers britanniques, qui passent dans les camps pour expliquer que notre pays n’est pas un eldorado.

On ne peut pas travailler au noir au Royaume-Uni ?

On a encore passé une loi récemment qui dit qu’on vous prend votre salaire si vous travaillez au noir en Angleterre.

C’était un reproche formulé par Xavier Bertrand qui avait pointé la responsabilité de la Grande Bretagne dans la situation de Calais et qui suggérait que la GB ouvre une zone de transit sur le territoire anglais pour filtrer elle-même les migrants.

J’en ai parlé avec Monsieur Bertrand je lui ai expliqué que ce serait un appel d’air énorme. On ne peut pas recevoir des dizaines de milliers de migrants.

C’est non et c’est la France qui devra supporter l’afflux de migrants.

Il faut travailler en amont, c’est le travail du sommet de la Valette aujourd’hui.

Sur les demandes formulées par David Cameron pour demeurer dans l’Europe, qu’est-ce qui justifie ces demandes. Vous pouvez imaginer chaque pays présenter ses propres listes ?

En fait nous avons toujours été un pays engagé en Europe. On se souvient des centaines de milliers de soldats britanniques morts pour l’Europe. David Cameron a décidé de présenter une vision de l’Europe positive, compétitive, pour laquelle il peut demander l’adhésion des britanniques par un référendum.

Donc c’est bien la pression de l’opinion publique qui le fait agir ?

C’est l’impopularité croissante de l’Europe.

La Commission européenne a dit que des propositions étaient problématiques : notamment : priver durant 4 ans de priver les immigrés d’origines européennes de prestations sociales.

Notre système d’allocation sociale est universel. Même si vous n’avez jamais travaillé, vous touchez beaucoup d’aides le lendemain. Il faut travailler d’abord.

Est-ce que le calendrier évoqué par les autorités britanniques, très court, vous paraît raisonnable ? On parle de juin prochain pour le référendum ?

Si les partenaires sont d’accord on peut avoir un accord en décembre. La loi va stipuler qu’on fasse le référendum en 2017, si c’est avant, tant mieux, car il y a des échéances électorales en France, en Allemagne.

"L'idée de David Cameron, c'est le non-Brexit"

(Auditeur) La sortie de l’Angleterre serait-elle une Europe qui pourrait reprendre sa marche en avant après 40 ans de blocage par l’Angleterre et conforme, et amputée de l’Ecosse elle comprendrait que ce n’est pas si idéal que ça ?

Je pense que le RU apporte quelque chose d’important en Europe. Nous avons toujours été engagé, nous sommes la seconde économie de l’UE, nous contribuons beaucoup au budget de l’Europe.

Nous apportons une vision compétitive de l’Europe.

Il faut convaincre que le RU a sa place dans une Europe réformée.

Les Britanniques n’auraient jamais compris l’idée européenne : l’Europe ce n’est qu’un marché commun ?

Pour nous, ça a toujours été une chose du cerveau plutôt que du cœur.

Je ne suis pas certain qu’il y ait un modèle européen. Aujourd’hui avec 28 membres il faut accepter la diversité de nos pays et faire accepter que c’est une force dans l’Europe du 21ème siècle.

En cas de Brexit, les velléités d’indépendances de l’Ecosse pourraient reprendre ?

Je suis une fonctionnaire, je ne réponds pas aux hypothèses. L’idée c’est le non Brexit. C’est clairement la préférence de David Cameron. Il a dit hier qu’il va faire campagne avec toute son énergie pour gagner le référendum.

Qu’est-ce que l’Angleterre a apporté à l’Europe ?

D’abord nous avons apporté une économie qui marche très bien, nous apportons la place de Londres qui est la place financière de l’Europe. Un engagement mondial de la France, un engagement pour tout ce qui est affaires étrangères, une coopération avec la France, par exemple dans le domaine de l’énergie nucléaire.

C’est une vision compétitive qui s’engage avec le monde, ouvert à différents courants. C’est quelque chose d’important pour l’Europe.

Il faut trouver un vivre ensemble entre les pays qui vivent dans l’euro-zone et les autres.

Est-ce que l’intérêt n’est pas de maintenir les intérêts de La City de Londres, qui échappe pour partie à des règles fiscales que d’autres pays européens voudraient lui imposer ?

Clairement Londres n’est pas un paradis fiscal. La règlementation financière sur les banques établies dans La city est plus dure que dans d’autres pays. Il faut accepter que dans l’UE il n’y ait pas que l’euro.

(Auditrice) Je ne comprends pas pourquoi c’est à la France de gérer les problèmes de l’Angleterre.

Je ne pense pas que les migrants soit le problème de l’Angleterre. Des centaines de milliers de migrants arrivent. Certains en France. Si on permettait à certains de passer en Angleterre, des dizaines de milliers de migrants arriveraient à Calais.

Une zone de transit en Angleterre serait un immense appel d’air. Il n’y a pas besoin de venir à Calais qui est un cul de sac.

Il faut appliquer les règles européennes uniquement quand elles vous sont favorables...

Les accords de Calais sont des accords bilatéraux pour gérer un flux énorme dans les intérêts de la France et des Royaume-Uni.

(Twitter) Pourquoi ont-ils toujours des avantages et pas des contraintes ?

Il faut traiter la question en amont. C’est le sujet du sommet de Malte qui a lieu aujourd’hui.

Si on reconnaissait la réalité : plusieurs monnaies dans l’UE, c’est déjà le cas, qu’est-ce que ça changerait de le poser sur le papier ?

Nous avons des propositions comme faire des accords de libre-échange avec les Etats-Unis.

(Auditeur) Il n’y a pas de carte d’identité en Angleterre, c’est la raison pour laquelle les migrants veulent venir chez vous ?

On a une carte de séjour.

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