Nicolas Sarkozy est de plus en plus contesté au sein de son parti. Dans le dernier sondage Ifop, plus qu'une progression d'Alain Juppé, c'est la baisse de l'ancien président qui est notable. Jean-Pierre Raffarin est l'invité de Patrick Cohen.

« Faisons baisser le chômage on fera baisser le Front National », c’est l’appel que vous lanciez en décembre. Manuel Valls avait dit ok, Pierre Gattaz aussi. Et puis ? Pas grand-chose. Il faut qu’on touche à l’apprentissage, aux seuils pour les entreprises.

En gros ce que réclament les chefs d’entreprise ? Un « contrat de travail agile » ?

Pourquoi pas.

Tous les économistes sont d’accord : soit on fait une politique de la demande, soit une politique de l’offre. Aujourd’hui la France a besoin d’une politique de l’offre .

L’emploi est le problème numéro un.

Sans un travail massif contre le chômage on n’est pas en guerre contre le Front National.

Fondamentalement on a un problème d’investissement. Il faut aiguiller l’épargne vers les entreprises . Ensuite [faire] une mesure sur les seuils. En matière d’apprentissage il faut revoir les financements car l’argent pour l’apprentissage ne va pas à l’apprentissage en France.

Une cote qui s’effrite dans les sondages, Gérald Darmanin qui évoque une séparation avec le peuple de droite. Que se passe-t-il avec Nicolas Sarkozy ?

Il y a un problème de compréhension avec le pays. Nicolas Sarkozy traverse une mauvaise passe . Il a des qualifiés politiques exceptionnelles. Tous ceux qui le considèrent abattus auraient tort de le considérer comme tel […].

Je fais partie de ceux qui pensent qu’on battra le Front National en battant son projet.

L’affaire n’est pas tranchée mais les gens se positionnent petit à petit. Xavier Bertrand s’est clairement positionné. J’approuve ce qu’il fait.

J’invite à ce qu’on réfléchisse tout à ce qui se passe : une forme de radicalisme d’Etat : quand vous écoutez ce qui se passe en Hongrie, en Pologne, en Turquie. Le radicalisme n’est pas que chez les gens perdus, il est aussi dans les structures d’Etat.

Quand allez-vous dire qui vous soutiendrez dans quelques mois ?

Je vais prendre une position à la fin de l’hiver. Je vais laisser passer les élections internes, les présidents de fédération. Je ne veux pas que ces élections soient des pré-primaires.

J’ai vu tout de même lu vos carnets et vos vœux pour 2016. Pour Alain Juppé, vous souhaitez une route plus droite que raide. C’est-à-dire ?

Je pense qu’il travaille à une ligne politique importante et je lui souhaitais un parcours rectiligne et sans trop de difficultés. Mais je souhaite aussi des choses positives à François Fillon et à Nicolas Sarkozy.

Une fois qu’on aura choisi notre candidat à la primaire, j’espère qu’on sera rassemblés. Je crois qu’il faut changer la politique de la France et ne pas renouveler François Hollande.

Auditrice) J’ai entendu que le Gouvernement avait libéré des fonds, 40 milliards. Où est passé cet argent ? Est-ce qu’il n’y a plus d’emplois à offrir ?

(Patrick Cohen) 41 milliards c’était le montant du pacte de responsabilité.

Je pense qu’il y a une erreur dans les moyens que l’Etat a mis pour les entreprises. On ne s’est pas mobilisés sur la priorité : la compétitivité, soulignée par le rapport Gallois.

L’argent a été distribué à des secteurs qui ne sont pas soumis à la compétitivité : l’intérim, les supermarchés.

Aujourd’hui les Français n’épargnent pas dans les entreprises. La première priorité c’est de donner du travail. Ça fait trois ans que l’emploi est au deuxième plan.

Ils ont pensé que lutter contre le chômage c’était virer Sarkozy . Ils ont viré Sarkozy mais ils n’ont pas fait baisser le chômage.

Il faudrait une politique de la demande ?

Il y a plusieurs arguments qui montrent que la politique de la demande serait une erreur.

Quand vous relancez les importations vous augmentez le déficit.

C’est de la valeur-ajoutée en France qu’il nous faut.

(Auditeur) Il a dit qu’il ferait part de son choix après les élections internes. Comment va-t-il faire son choix alors qu’entre les trois candidats on ne voit pas de ligne se distinguer ? Va-t-elle se porter sur la personnalité ? La personne la plus jeune ne pratique pas forcément la politique la plus moderne. Et comment va-t-il lutter pour installer un vrai débat d’idées ?

La question importante est comment éviter tout verrouillage.

Pourquoi il nous faut une primaire ? Car Madame Le Pen est à plus de 20 % alors pour être qualifié au second tour il nous faut un seul candidat.

Pour éviter le verrouillage il faut beaucoup de participants . Ce n’est pas un engagement politique partisan, c’est de respecter les valeurs de la politique. Il faudrait plusieurs millions de participants à la primaire.

On pourra prendre un peu de Fillon, de Juppé, de Sarkozy pour faire un projet commun mais aussi prendre celui qui permettra de rassembler le pays, évité de diviser.

(Thomas Legrand) Vous appelez les centristes, même les électeurs de centre-gauche à voter ?

Je pense que tous ceux qui ont des convictions républicaines , qui veulent participer à un grand débat national,ça peut être très large.

Je pense qu’il faut aller chez tous ceux qui ne sont pas des républicains engagés mais des républicains disponibles.

(Twitter) Que pensez-vous des Républicains qui s’attachent aux racines chrétiennes de la France ?

Je pense quand même que dans la vie nationale, la vie spirituelle peut avoir sa place.

Je ne veux pas faire des religions des accusés . Je souhaite qu’on applique une doctrine stricte de la laïcité : la laïcité n’est pas un projet politique. Ce n’est pas la République.

(Auditrice) Mon fils de 20 ans s’est porté volontaire et sa candidature n’a pas été retenue sans motivation . Ce n’est pas encouragé la jeunesse . Quelles sont vos propositions ?

(Patrick Cohen) Les 350 000 places pour le service civique évoquées par François Hollande hier soir c’était pour 2018. 120 000 cette année. Bonne idée d’étendre le service civique ?

Je pense que c’est une bonne idée même s’il ne faut pas organiser des parkings pour que les jeunes aillent sur le marché de l’emploi mais en faisant en sorte qu’on comprenne que l’insertion dans la société c’est d’abord l’emploi. Je préfère qu’on mette l’accent sur l’emploi . J’attends des mesures sur l’apprentissage. Ça fait trois ans qu’on détricote l’apprentissage.

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