Dans une lettre au président François Hollande, plusieurs patrons réclament "un plan d'urgence et audacieux pour l'emploi" notamment pour permettre de créer de l'activité et de l'emploi. Le président du MEDEF est l'invité de Patrick Cohen.

De la prison ferme pour sanctionner une action syndicale. 9 mois. C’est mérité ou démesuré ?

Ce sont des questions de valeurs. Il faut être opposé à tout ce qui est de la violence physique. La séquestration est une violence physique, il faut condamner cela, de la part des employeurs, des employés.

Pouvez-vous comprendre le sentiment du deux poids deux mesures. Où avez-vous vu des condamnations de patrons voyous ?

Le problème c’est la violence physique.

Et la violence sociale elle existe ?

C’est différent. Si vous parlez des plans sociaux, c’est l’adaptation permanente de l’économie.

C’est le combat du MEDEF : faire que l’économie soit humaine . Une économie humaine c’est une économie en adaptation permanente.

Je viens de Las Vegas et la Sillicon Valley, la France était la plus belle représentation.

Cette économie du numérique va bouleverser plein de choses […] ça va créer aussi beaucoup de métiers nouveaux.

On veut des salariés heureux, épanouis et employables. Ce qu’on veut, c’est former en permanence les salariés.

La formation promise par le Gouvernement, 500 000 chômeurs, c’est envisageable ?

C’est très bien mais on a des doutes sur le réalisme de cette mesure.

Vous avez 350 000 métiers non pourvus. Je suis très préoccupé par les 150 000 décrocheurs de l’éducation nationale.

C’est sur cette peur d’embaucher qu’il faut travailler.

Vous voulez un contrat agile, une baisse des charges. Le Gouvernement ne veut pas de contrat agile, mais il pourrait vous proposez une prime à l’embauche pour le PME, de 2000 euros, versés pour les bas salaires. C’est une bonne idée ?

Les entrepreneurs n’ont pas besoin d’aides ou de subventions.

Une baisse des charges ça revient au même ?

Non. Non avons le coût du SMIC le plus élevé d’Europe.

Quand vous payez 1137 à quelqu’un ça coute 1437 euros net à l’entreprise. On veut supprimer pendant quelques années ces 300 euros supplémentaires.

La mesure est estimée à 1 milliard d’euros par an en 2016 et 2017. Ce n’est pas rien.

Il faut que les entreprises soient plus compétitives, plus souples, plus agiles et en confiance. Si vous avez des rigidités ou que tout bouge, vous irez investir ailleurs.

Le contrat agile sera un contrat dans lequel on liste les raisons à l’avance de rupture de contrat. Beaucoup de gens ont du mal à comprendre pourquoi pour faciliter l’emploi il faut faciliter les licenciements.

On veut aller vers le plein emploi en France, 6%.

Il faut être capable de déverrouiller le marché du travail.

Les petites entreprises ont peur d’embaucher car il y a un risque d’aller aux prud’hommes. J’espère que ça va être plafonné.

Quand on embauche un salarié il faut des motifs qui précisent les causes réelles et sérieuses de licenciement.

L’Italie a inventé le CDI avec trois ans de test , ça a débloqué, ça a déverrouillé le marché du travail.

Est-ce que vous préférez des chômeurs ou créer un électrochoc ?

C’est vrai aussi en Espagne qui a inventé une cause réelle et sérieuse de licenciement après trois trimestres de baisse du chiffre d’affaire . Et bien c’est reparti en Espagne. Regardons ce que font les pays européens.

Les négociations sur l’assurance chômage vont s’ouvrir dans quelques jours. Jean-Marie Le Guen se prononce pour une révision de la durée et du montant des indemnisations. Vous êtes preneur ?

Je suis preneur de toutes les solutions.

Il faut accompagner mieux, inciter les gens à travailler.

INTERACTIV

(Auditeur) Est-ce que Monsieur Gattaz a jeté son pin’s. Son bilan depuis la présidence de Monsieur Hollande, on le voit en terme de suppression de charges mais on se demande où il est en terme de création d’emploi.

Est-il pour une application ferme des sanctions des prud’hommes à l’égard des partons ?

C’est un objectif de créer 1 million d’emplois en France en 5 ans. C’est un objectif, pas un engagement. Pour aller vers le plein emploi il faut créer 2 millions d’emplois . Les Allemands l’ont fait en 10 ans.

C’est un objectif si des mesures sont prises.

J’aimerais qu’on puisse dire : on doit travailler sur l’agilité, la peur des patrons d’embaucher, sur la confiance.

Je peux vous dire que dans les services à la personne, il y a 300 000 emplois à créer.

Dans le tourisme, si on ouvre, le dimanche et après 21h, sans des autorisations dans tous les sens, sur volontariat des salariés, vous pouvez créer entre 50 et 100 000 emplois.

On peut avoir 50 à 100 000 apprentis de plus.

Ce sont des poches d’emplois que nous avons mis dans le livre jaune du MEDEF intitulé « 1 million d’emplois c’est possible », à la condition qu’on fasse ce qu’on fait tous les pays européens autour de nous. Pourquoi nous serions condamnés à rester à 11% de chômage ? C’est un problème de programme économique de notre pays.

Les licenciements sont extrêmement cadrés. Il n’y a pas un pays plus cadré. Si on vous dit en Suisse ou aux Etats-Unis, vous partez ce soir, ils partent. Puis ils reviennent !

Si vous rigidifiez, c’est une économie administrée et vous tuez l’emploi.

(Auditeur) Vous demandez une fois de plus de faire l’effort. Ce n’est pas à eux de prendre le risque d’une période d’essai de trois ans. C’est à l’entreprise de prendre ce risque.

Je vois entre 500 et 1000 entrepreneurs par semaine.

Le MEDEF c’est 750 000 adhérents. Le CAC 40 et des entreprises de taille intermédiaires. C’est essentiellement des TPE. La taille moyenne des adhérents c’est 20 personnes.

On nous dit vous voulez licencier. C’est faux !

Je vois trois catégories de patrons : ceux qui ont peur d’embaucher, ils ont peur des prudhommes, deuxièmement ils ne trouvent pas la main d’œuvre, c’est mon cas à Radiall […] et vous avez des gens qui n’ont pas la croissance ou pas le marché.

Il faut donc jouer sur les peurs, il faut retrouver de l’apprentissage et de la croissance, qu’on ne trouvera que si on se mondialise, si on exporte.

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(Auditeur) Des ouvriers travaillent sur des chantiers, sous la pluie, tôt, est-ce qu’il ne faudrait pas augmenter leur salaire ? A propos des emplois créés en Allemagne et en Angleterre, on a multiplié les travailleurs pauvres.

Est-ce que vous préférez quelqu’un au chômage durablement ou quelqu’un qui temporairement a une baisse de salaire mais qui pourra avoir une hausse progressive de salaire ?

Je pense aux chômeurs longue durée. Nous avons proposé des contrats de professionnalisation qui pourront permettre à l’entreprise de prendre quelqu’un à coûts chargés pendant un ou deux ans.

Quelqu’un qui a un pied dans l’entreprise il est à moitié sauvé.

(Patrick Cohen) Après 5 ans de formation les régleurs sont payés combien ?

Entre 2000 et 3000 euros net à terme.

Quand vous apprenez ces métiers vous avez 80% de chance d’avoir un CDI à la fin, ce sont des postes très demandés.

[….]

Toutes les statistiques au monde expliquent qu’on a fardeau de dépenses publiques qui pèsent sur les ménages et les entreprises.

J’attends un Gouvernement qui dira : il faut baisser les dépenses publiques à 50% du PIB.

La France a toutes les opportunités pour descendre à 5 ou 6% de chômage.

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