Après la fusillade à Orlando, l'écrivain Frédéric Martel et la politologue spécialiste des Etats-Unis Nicole Bacharan sont nos invités.

13 juin 2016, Orlando, Floride. Hommage aux victimes de la fusillade d'Orlando
13 juin 2016, Orlando, Floride. Hommage aux victimes de la fusillade d'Orlando © Getty / Joe Raedle

Après la fusillade à Orlando qui a causé la mort de 49 personnes, François Hollande a dénoncé hier une "effroyable tuerie homophobe", rappelant au passage une caractéristique qu'une partie de la presse a dans un premier temps oublié de mentionner. L'écrivain Frédéric Martel (La longue marche des gays, Gallimard; Global Gay, Flammarion) et la politologue spécialiste des Etats-Unis Nicole Bacharan sont nos invités.

►►►Nicole Bacharan et Frédéric Martel répondent aux questions de Patrick Cohen

A retenir :

Dimension homophobe du massacre ?

Frédéric Martel : « Ce qui est évident est que le Pulse est un club gay de grande diversité (…) Parmi les victimes, il y a des Cubains américains, des Mexicains, des gays, des lesbiennes »

« Ce qui me semble important et qu’on a du mal à comprendre parfois en France, c’est qu’on peut être à la fois gay et Cubain et Américain. Le fait de dire qu’on est gay n’affaiblit en rien le fait d’être Américain, une multiple identité »

►►►Frédéric Martel : "Ce sont les identités multiples qui ont été touchées"

« Le crime reste profondément homophobe »

Nichole Bacharan : « Il n’y a aucun doute : c’est un crime terroriste et homophobe »

►►►Nichole Bacharan : « Il n’y a aucun doute : c’est un crime terroriste et homophobe »

L’homophobie régresse aux Etats-Unis ?

NB - « Globalement absolument »

« La frange qui rejette l’homosexualité devient de plus en plus virulente »

►►►Nicole Bacharan : "L'homophobie régresse globalement aux États-Unis, mais la frange qui refuse l'homosexualité devient plus virulente"

FM – « Il y a comme toujours deux mouvements en parallèle, on passe de la pénalisation de l’homosexualité à la pénalisation de l’homophobie » « Ce mouvement fait tache d’huile un peu partout dans le monde, au Mozambique, au Mexique, au brésil etcetera»

« On n’a pas l’Orient face à l’Occident, parmi les forces les plus homophobes aujourd’hui, il y a le Vatican, voir le communiqué du Pape hier soir qui ne mentionne même pas l’homosexualité »

« Il faut aussi voir l’évolution positive, il y a un mouvement de solidarité incroyable »

Impact du discours de Trump sur l’électorat américain

NB - « En cas de grande crise, comme en 2008, John McCain et Barack Obama avaient suspendu leur campagne »

« Là, le monceau de mensonges accumulés en deux jours conforte son électorat. Mais avec cette rhétorique (….) il peut apparaître comme un risque : vigoureux dans le langage mais irresponsable dans les actes »

« Le pari c’est que les électeurs modérés choisiront la raison contre l’excitation »

Port d’armes aux Etats-Unis

FM – « Donald Trump et Hillary Clinton réagissent tous les deux avec des interdictions : Hillary Clinton dit qu’il faut interdire les armes d’assaut puisque c’est un fusil d'assaut AR-15 qui a été utilisé à Orlando »

«On a une parfaite définition de ce qu’est une droite et une gauche. Vous avez un évènement et vous avez deux volontés très claires qui s’affirment. A droite : lutter contre l’immigration, alors que le terroriste est né à New-York, donc ce n’était pas un étranger, par ailleurs, le contrôle des armes, très complexe, le pendant de tout cela c’est la peine de mort »

Saillies de Trump

NB – « Donald Trump n’a pas de passé politique. C’est extrêmement facile d’arriver faut que, y’a que mais tout ce qu’il a dit hier est absurde. La loi aux Etats-Unis ne permet pas de répertorier la religion des immigrants »

« On est dans l’absurde »

« Trump est dans les thèses conspirationnistes. Il ne cesse de répéter que le calme d’Obama, le refus d’employer un vocabulaire plus musclé, cachait autre chose »

FM – « Cette campagne est imprévisible depuis le début et il va continuer à l’être »

Sens des mots

FM - « Il ne faut ni minorer ces faits ni faire le « pink washing », il ne faut pas l’invisibilité et l’amalgame »

« Albert Camus disait dans « L’homme révolté » il faut s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le langage universel »

François Hollande a fait deux erreurs : « Il n’a pas mentionné qu’il s’agissait d’un club gay dans son premier message dimanche » « Hier il a dit que la tuerie homophobe d’Orlando avait frappé la liberté de choisir son orientation sexuelle, c’est absurde, on ne choisit pas d’être gay ou lesbien »

Homophobie

NB : « C’est une méconnaissance profonde de l’homophobie de penser qu’on la choisie. Toute l’homophobie vient de là (…) Là où il y a une forme de liberté c’est qu’on peut choisir de la vivre »

« Il y a une histoire de la violence anti-gay aux Etats-Unis, le pire exemple s’est produit à la Nouvelle-Orléans en 1973 où un bar gay a été incendié et a fait 32 morts »

« L’homosexualité est sanctionnée par la loi dans nombre de théocratie musulmane, je pense à l’Iran, au Qatar »

FM : « Il y a huit pays dans le monde où l’homosexualité est passible de peine de mort, 80 pays où c’est un délit » « Il est clair qu’il y a une tendance dure dans ces pays-là. (…)Il y a des combattants anonymes, qui mènent des luttes inimaginables »

« Peut-être que le mouvement gay, grâce ou à cause d’Orlando peut passer d’une forme de défense des droits à domicile à un combat plus global »

« Quand vous regardez la carte du droit des homosexuels, elle est très proche de la carte de la liberté de la presse, de la liberté des droits des femmes, de la démocratie »

« C’est une date, qu’on le veuille ou non, qui restera dans l’histoire du mouvement gay »

►►►Nicole Bacharan et Frédéric Martel répondent aux questions des auditeurs de France Inter

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