Les invités de Bruno Duvic

à 8h20

  • Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste égyptienne

  • Victor Salama, Egyptien copte et activiste

à 8h40 en direct du Caire

  • Alaa El Aswany, écrivain égyptien- Tarek El Morsi, porte-parole du Parti Justice et Liberté

La situation au Caire

Bain de sang au Caire
Bain de sang au Caire © Radio France

L'opération des forces de sécurité destinée à vider les campements des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, au Caire a fait des centaines de morts... Quel est l'avenir de la démocratie égyptienne ?

Les forces de sécurité égyptiennes ont donné l'assaut mercredi contre les rassemblements des partisans de l'ancien président islamiste Mohamed Morsi au Caire, déclenchant des violences à l'origine d'une centaine de morts dans l'ensemble du pays. La présidence a proclamé l'état d'urgence dans toute l'Egypte, pour une durée d'au moins un mois, et ordonné à l'armée d'apporter son soutien aux forces du ministère de l'Intérieur.

Les troubles, qui se sont entre autres étendus à Alexandrie, deuxième ville du pays, ont fait 95 morts et près de 900 blessés à travers l'Egypte, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. Des affrontements meurtriers ont notamment eu lieu dans la province centrale du Fayoum, et dans le port de Suez.

L'assaut du Caire, lancé vers 7h, intervient après l'échec de plusieurs tentatives de médiationpour mettre fin au bras de fer engagé entre les partisans de Mohamed Morsi, souvent issus comme lui des Frères musulmans, et le gouvernement provisoire soutenu par l'armée, depuis la destitution du président islamiste par les militaires le 3 juillet.

La dispersion des sit-in de protestation enlève aux Frères musulmans l'un de leurs derniers moyens de pression sur le nouveau pouvoir. Les dirigeants de la confrérie ont été arrêtés ou sont recherchés et leurs avoirs ont été gelés. Le ministère de l'Intérieur a annoncé plusieurs arrestations mercredi au sein des Frères musulmans, sans donner de noms. Des responsables des forces de sécurité ont précisé que Mohamed El-Beltagi, un cadre du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la branche politique de la confrérie, avait été interpellé.

Les réactions internationales

la tension s’accroît en égypte
la tension s’accroît en égypte © reuters

Sur le plan international, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamiste, a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies et la Ligue arabe à intervenir pour mettre fin à un "massacre" et a dénoncé le "silence" de la communauté internationale.

Le Qatar, soutien régional de l'ancien gouvernement de Mohamed Morsi, a condamné les assauts contre les manifestants, et l'Iran a estimé que l'Egypte courait le risque d'une "guerre civile".

L'Union européenne a invité les autorités à faire preuve de retenue, tandis que la France a mis en garde contre "un usage disproportionné de la force".

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a également regretté "que les autorités égyptiennes aient utilisées la force" et a condamné "dans les termes les plus forts" la violence de l'intervention des forces de sécurité égyptiennes.

Depuis la chute de Mohamed Morsi, et avant l'assaut lancé mercredi, plus de 300 personnes sont mortes dans les violences politiques dans le pays, parmi lesquelles des dizaines de partisans des Frères musulmans tués par les forces de sécurité lors de deux interventions les 8 et 27.

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