L'ancien député écologiste désormais journaliste réinvestit le champ politique. Après une charge contre l'exécutif publié dans Le Monde en février, il signe aujourd'hui "Et si on arrêtait les conneries, plaidoyer pour une révolution politique" (Fayard).

►►►Daniel Cohn-Bendit répond aux questions de Patrick Cohen

Quelques mots sur les élections en Allemagne. Est-ce que ce n’est pas l’un des effets de la grande coalition au pouvoir ?

Non c’est l’effet de la politique de Madame Merkel sur les réfugiés. Son parti est en difficulté. La Chancelière a gagné. […] Il y a toujours une Allemagne moisie, une France moisie, une Italie moisie […] C’est vrai que pour la première fois [l’extrême droite] structure une force démocratique, c’est la nouvelle donne. […]

Si Madame Merkel était candidate à une élection présidentielle à la française en Allemagne elle fait plus de 60% au second tour.

[…]. Les Allemands disent une chose que j’aurais aimé entendre une fois en France : quelle est la solution ? Que proposez-vous ? De les renvoyez tous ?

Angela Merkel n’a pas été imprudente ?

J’ai discuté avec des gens de la mairie de Munich. Il n’a dit bonjour à personne, il n’a demandé qu’une chose : comment vous faites pour les renvoyer ? Je préfère une imprudence morale qu’une prudence immorale.

Dans votre livre « Et si on arrêtait les conneries », vous proposez le retour de la proportionnelle à faire voter par référendum.

[…] Il n’y a plus de majorité présidentielle . Si demain vous avez l’élection présidentielle, les candidats qui gagneront contre marine Le Pen auront une majorité contre Marine Le Pen.

Il faut créer les conditions d’une recomposition politique.

Certes, il y aura 150 députés du Front national, mais c’est comme ça.

Encore faudrait-il que la France ait la culture du compromis ?

Il y a quelques temps, François Hollande était interrogé sur l’entrée d’Emmanuelle Cosse au Gouvernement. Avait-il négocié ? Il a répondu : « le Président de la République ne négocie pas ». Alors qu’il explique que les chefs d’entreprises et les syndicats apprennent à négocier […].

Est-ce que le partisan du compromis trouve que le Manuel Valls a réalisé un bon compromis sur la loi travail ?

Pourquoi un Gouvernement de gauche ne se met pas d’accord en amont avec la CFDT ? Il a fait en 15 jours ce qu’il aurait pu faire un mois avant !

Ils sont mauvais !

On a créé une situation où personne ne s’y retrouve. Ca démontre la faiblesse de ce Gouvernement dans le savoir-faire.

J’aurais tendance à dire ça va dans la bonne direction.

Qu’est-ce que vous faisiez dans la tribune à charge de Martine Aubry contre Manuel Valls notamment ?

[…] Dans deux jours, sortira une tribune que j’ai signée avec Elisabeth Guigou, des CDU des libéraux, un compromis franco-allemand sur l’économie et les migrants pour sortir de la crise.

[La tribune avec Martine Aubry], à ce moment-là, [il fallait] dire que c’était impossible de faire ce qu’a fait Valls à Munich, c’était important.

Je signe en fonction de ce qui me paraît juste.

►►►Daniel Cohn-Bendit répond aux questions des auditeurs de France Inter

(Auditeur) Je n’ai pas oublié qu’en 1955, la France a été renversée par une coalition des communistes et des pro-coloniales, c’était une assemblée élue à la proportionnelle. Que proposez pour ne pas revenir à la IVè République ?

On ne peut pas dire que l’Allemagne a aujourd’hui un problème de stabilité politique avec sa coalition. […] La proportionnelle ce n’est pas le paradis, il peut y avoir des accords loufoques et terribles. […] Dans la situation actuelle ce serait positif pour la France.

(Patrick Cohen) La primaire à gauche avance ?

Il faut que quelqu’un reprenne cette idée

(Thomas Legrand) Il y a une possibilité pour que proportionnelle ne rime pas avec instabilité, si le Parlement renverse la majorité, le Parlement est dissous.

Dans la Constitution allemande, on ne peut renverser le Gouvernement qu’avec une proposition alternative. […]

(Auditeur) Est-ce qu’il ne faut pas un grand choc démocratique dans la réorganisation de la Commission européenne ?

Le problème c’est la relation entre la Commission et le Parlement qui est difficile mais le vrai problème c’est l’égoïsme des Nations. Le choc dont nous avons besoin c’est d’un choc culturel.

L’Europe ce n’est pas passe-moi ton argent.

__

(Twitter) Que faire pour la crise des réfugiés ?

Si vous avez 3 millions de réfugiés et que vous le répartissez sur 500 millions d’européens, le choc est supportable. En Jordanie, vous avez 1 million de réfugiés pour 4 millions d’habitants. [..]

Le printemps arrive, le nombre de réfugiés vont augmenter ! […] Il y a des gens qui ne veulent pas de réfugiés, je dis quand il y a une crise humanitaire je suis du côté de ceux qui sont maltraités.

Calais, pourquoi la France fait le sale boulot de l’Angleterre ? Cameron n’arrête pas de faire du chantage sur l’Europe. Il y a 5000 personnes qui veulent aller en Angleterre, ils ont de la famille, qu’il se démerde avec.

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.