L'ancien président du Conseil italien et désormais doyen de l’École des affaires internationales de Sciences Po est l'invité de la matinale.

Brexit : Une du Sun de ce 14 juin 2016.
Brexit : Une du Sun de ce 14 juin 2016. © Maxppp / Tom Nicholson/LNP

Brexit : une catastrophe ?

« Une catastrophe pour nous tous, d‘abord pour les Britanniques. Londres est la grande capitale financière qui donne accès au plus grand marché du monde : l’Europe. Si la Grande-Bretagne sort, elle ne sera plus cette porte d’entrée»

« Nous allons entrer dans deux ou trois années d’instabilité car c’est un divorce qui n’a pas de règles. Il va tenir loin les investisseurs de l’Europe »

« La question essentielle, de mon point de vue, c’est que les pays européens étaient le centre du monde il y a vingt, même quinze ans. Tous ont perdu du poids dans le monde. Soit on va compter ensemble soit on sera très petit face aux grands du monde »

Une Europe à deux cercles ?

« Quel que soit le résultat jeudi 23, on aura, le jour d’après une Europe différente. S’ils restent on aura l’Europe à deux cercles : les fondateurs et ceux qui ne veulent rien d’autre que le marché commun. Cameron veut une Europe à la carte. L’initiative de l’Europe à deux cercles pourrait venir de La France, l’Allemagne, l’Italie qui a toujours été d’avant et les institutions, la Commission, la Banque centrale européenne. Mais si la France et l’Allemagne restent en campagne électorale pour leur campagne domestique, il n’y aura plus d’Europe le jour d’après »

Jacques Delors en 2012, conseillait au Royaume-Uni de quitter l’Union européenne

« C’était une provocation »

Perception de l’Union européenne

« C’est très difficile de tomber amoureux des institutions. Il faut parler de missions. Il faut faire baisser le chômage des jeunes. On a lancé un projet de un million de jeunes Erasmus pro. Vous avez la possibilité d’aller une année apprendre un métier et une langue après le lycée. Si l’Europe était une Europe des opportunités, concrètes, ce serait différent »

Job act en Italie

« Les lois sur le travail ne peuvent pas être jugées sur 6 mois. Le Job act va donner des résultats. Ce genre de réformes est importante en Europe. On a fait toute une série de réformes obligées par de la dette publique, une situation financière critique. La situation des finances publiques en France est moins critique que la situation italienne»

"Les gens n'en peuvent plus des professionnels de la politique"

Montée du populisme en Europe

« Les mouvements populistes ont déjà gagné. (…) Ils ont développé  le jeu du bouc émissaire, que tous les gouvernements européens font sur l’Europe. On ne peut pas faire une comparaison entre le mouvement 5 étoiles, le FN, Podemos... Le populisme, bien que ce terme soit ambigu, n’est pas une exclusivité européenne, c’est une question de nos sociétés modernes, les gens contre l’establishment. La possibilité d’avoir des corps intermédiaires est mise en cause par internet, la politique n’a pas encore trouvé la façon d’intégrer ce changement »

Référendum dans les pays de l’Union européenne

« Je ne pense pas qu’un référendum sur la même question ait un sens. La question est de voir quelle participation démocratique il faut avoir sur l’Europe. Le processus démocratique est insuffisant, les gens ne savent pas ce qu’ils décident quand ils votent pour le Parlement européen. Je plaide pour l’élection directe du Président de la commission européenne »

Italie : gouvernement par coalition

« Les coalitions, quand elles sont faites, avec un programme clair, sont mieux qu’un système présidentiel. Je sais que c'est difficile à expliquer en France ! Quelqu’un qui gagne au premier tour 20-25% des voix, puis arrive au second tour avec quelque chose d’artificiel, qui lui donne une majorité totale dans toutes les institutions représentatives... Quand à la fin, vous devez gérer des questions sociales compliquées, que vous avez besoin d’un grand consensus dans le pays, c’est compliqué ! Les coalitions aident à créer un consensus, à avoir une relation avec le pays qui ne soit pas seulement personnel »

Italie : faiblesse du parti démocrate

« Il a une grande fatigue qui risque de donner des résultats inquiétants. C’est une fatigue liée au fait que la politique ne peut plus apporter de réponses simples, que les gens ne veulent plus des politiques de profession »

Le soutien au "non au Brexit" est-il contre-productif ?

« [Après un Brexit] tout va être plus compliqué, tout va coûter plus, donc il va y avoir un manque de croissance et de compétitivité. Aujourd'hui, on emploie le non Britannique quand on ne veut pas soi-même dire qu'on est contre quelque chose. Les Britanniques ont été plus positifs pour le marché unique que les Allemands ou les Français. On doit avoir une Europe plus intégrée mais en intégrant la Grande-Bretagne dans un second cercle. La Grande-Bretagne joue un rôle essentiel dans la sécurité, dans le commerce international, sans eux on sera plus faibles »

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.