Au lendemain du discours de François Hollande devant le Parlement réuni en congrès à Versailles, le Premier Ministre était l'invité du 7/9 surFrance Inter .

Règle de stabilité :« Les engagements de la France seront forcément dépassés. […] L’Europe doit le comprendre. »

« Il y a peut-être en France, en Belgique, des individus qui ont été associés à cette tuerie. »

«Il faut lutter contre l’islamisme qui est une pathologie de l’islam. »

Manuel Valls – 8 h 20

Samy Amimour est rentré en France : il y a un problème de renseignement et de contrôle aux frontières de Schengen.

Pour le moment il n’y a eu aucunes obsèques.

Au moment où nous parlons, vous n’entendez aucune mise en cause du travail qui était fait ou engagé.

L’objectif est de comprendre ce qui s’est passé.

Il faut tirer les leçons d’un échec ?

Il faut toujours tirer les leçons d’un tel drame. Cette vérité nous la devons aux victimes, aux proches, aux Français.

Au moment où nous parlons, nous ne savons pas s’il y a des complices .

Je vous demande d’être prudent à l’égard de toutes les informations qui sortent.

Nous n’avons pas encore une vision de la réalité du nombre de personnes impliquées vendredi.

Il est trop tôt pour comprendre pourquoi tant de monde est passé sous les radars des services de renseignement ?

Quand il y a eu les attentats du 13 janvier, j’ai toujours dit que nous étions en guerre, que nous faisions face à une menace particulière, à un ennemi extérieur et intérieur, que le terrorisme avait changé de visage et que nous allions subir d’autres attaques. Nous allons sans doute vivre longtemps avec cette menace.

En face de nous, nous avons une armée terroriste, avec des individus qui n’hésiteront pas à donner la mort et à se donner la mort.

Chacun doit savoir aujourd’hui que nous sommes menacés.

Pas de réduction d’effectifs dans l’armée, « Le pacte de sécurité l’emporte sur la stabilité » a dit François Hollande.

L’éducation, l’emploi, la culture sont essentiels pour notre pays mais, face aux évènements que nous connaissons depuis plusieurs mois, nous avons renforcé nos services de gendarmerie et de police.

Ces services sont confrontés au défi des migrants, même si nous le maîtrisons en France, contrairement à d’autres pays.

Nous devons donner tous les moyens, pour lutter contre ces défis. Des moyens en hommes et en investissements.

Pour avoir tous les moyens en termes de moyens, de véhicules, d’armes adaptées aux conflits.

Les recrutements vont s’étaler sur plusieurs armées. Ces moyens en termes de créations de postes seront inscrits par amendements dans la loi de finance.

Vous ne m’avez pas répondu : la France respectera ses engagements européens de stabilité ?

Les engagements de la France seront forcément dépassés. […] L’Europe doit le comprendre. Nous sommes intervenus au Mali pas seulement pour la France mais aussi pour le Mali.

Quelle est l’urgence d’engager une procédure politique aussi lourde alors que l’outil existe déjà ?

La loi va être toilettée pour passer au Conseil des ministres demain et votée avant la fin de la semaine.

Ce que les Français nous demandent c’est aussi de combattre les djihadistes radicaux dans nos quartiers. Je partage les analyses de Malek Bouthi à votre micro hier. Pour l’islamisme radical et le djihadisme qui séduit des milliers de jeunes en France, pour s’attaquer à ce phénomène, il faut des moyens et en engagement de toute la société.

Il faut lutter contre l’islamisme qui est une pathologie de l’islam.

François Hollande n’a pas employé le terme d’islamisme radical.

Il s’est concentré sur les annonces attendues par les Français.

Il y a le combat contre le terrorisme et le terreau qui fabrique le terrorisme […] sur le sol national.

C’est une bataille mondiale.

Chacun son vocabulaire ?

Nous partageons avec le Président de la République la même analyse. Je crois que nous partageons le même vocabulaire.

INTERACTIV

« L’Arabie Saoudite et le Qatar luttent contre Daech. Je n’ai pas de raison de douter aujourd’hui de l’engagement de ces deux gouvernements. »

« Le plan de lutte contre le trafic d’armes doit être prolongé au niveau européen. »

« Pour assurer la sécurité des Français, parfois on doit restreindre un certain nombre de nos libertés. »

« Nous ne sommes pas en guerre civile »

(Auditeur) –Les personnes qui ont effectué les tueries s’inspirent du salafisme et donc du whababisme. Est-ce que vous allez demander aux responsables politiques, au Qatar, à l’Arabie-Saoudite, de mettre un terme aux instituts qui enseignent cette pensée dangereuse ?

Vous avez raison de souligner que le wahhabisme, ses dérives, a changé le visage de l’islam au cours des dernières décennies.

Le salafisme représente un vrai danger, il faut le combatte, d’où notre volonté de fermer des mosquées radicales, d’expulser des imams prêcheurs de haine.

Il se trouve que je rencontre aujourd’hui le ministre de l’Intérieur du Qatar. Nous aurons cette discussion pour savoir comment nous serons les uns, les autres, plus efficaces.

(Patrick Cohen) C’est un partenaire loyal ? Le débat public met en cause l’Arabie Saoudite et le Qatar.

L’Arabie Saoudite et le Qatar luttent contre Daech. Je n’ai pas de raison de douter aujourd’hui de l’engagement de ces deux gouvernements.

Reste la question du financement mais dans le Proche et le Moyen-Orient les choses sont toujours compliquées […] Vous savez les liens qui existent entre le régime de Bachar et l’Iran, vous savez qu’il y a la confrontation entre le monde sunnite et le monde chiite.

Nous nous pourrions accepter aucun élément qui participe au financement du terrorisme contre nous.

(Auditrice) Nos responsables politiques disent que la France est en guerre or les terroristes sont français, faut-il parler de guerre civile ?

C’est cette jonction entre cet ennemi extérieur et intérieur qui doit être comprise.

Nous ne sommes pas en guerre civile , il y a une guerre contre Daech et ses complices dans notre pays. […] Nous sommes en guerre contre un ennemi qui s’appuie sur des personnes sur notre territoire mais si nous parlions de guerre civile nous donnerions raison aux terroristes.

(Auditeur) Où en sommes-nous au niveau du contrôle du trafic d’armes en France ?

C’est une lutte de tous les instants. Dans les perquisitions qui ont eu lieu dans les derniers jours : 128 cette nuit , Bernard Cazeneuve le rappelait à l’instant sur France Info, nous découvrons des armes.

Nous avons été envahis par les armes depuis la guerre en ex-Yougoslavie.

Si nous voulons faire face aux menaces, il faut que la France protège d’abord ses frontières extérieures. Il faut des frontières sûres et protégées. Sinon c’est Schengen qui s’effondre.

Nous avions prévu le renforcement du contrôle des frontières pour la COP 21, c’est encore renforcé pour lutter contre le terrorisme.

Le plan de lutte contre le trafic d’armes présenté vendredi matin, par Bernard Cazeneuve doit être prolongé au niveau européen. A l’occasion des ministres de l’Intérieur au niveau européen, Bernard Cazeneuve fera des propositions dans ce domaine.

(Auditeur) Pourquoi les policiers qui ont le droit d’avoir un port d’armes ne peuvent-ils pas le conserver hors de leurs heures de service ?

Je veux rendre hommage aux militaires et aux policiers qui protègent les Français.

Le Président de la république a annoncé hier des modifications vis-à-vis de la légitime défense.

Je veux saluer le courage d’un commissaire de police qui a tué l'un des terroristes vendredi soir.

Face à de telles opérations de guerre il faut en face des troupes d’élites aguerries.

Je ne doute pas que ce type de suggestion peut avoir lieu avec le Ministre de l’Intérieur mais ne laissons pas croire que ça aurait pu avoir un impact sur ce qui s’est passé vendredi.

(Twitter) Entre droit et sécurité, que choisirez-vous ?

Le terrorisme se combat en France et à l’extérieur. Cette nuit il y a eu de nouvelles frappes à Raqa […] et nous allons continuer en impliquant la communauté internationale, c’est le sens du déplacement de François Hollande à Washington et Moscou la semaine prochaine.

Pour ce qui concerne la France, nous devons aussi nous donner des outils. Dans ces moments-là, il peut y avoir un certain nombre de restrictions de libertés pour gagner en efficacité. C’est ce qui se passe pour les perquisitions administratives, qui ne se font pas sous l’autorité d’un juge, 24 heures sur 24.

La loi que je présenterai au Parlement jeudi sera mise en œuvre sous le contrôle du Parlement, nous respectons notre droit, nos libertés fondamentales.

Je crois que les Français attendent de nous, que pour assurer la sécurité des Français, parfois on doit restreindre un certain nombre de nos libertés.

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