Quelles mesures de sécurité en France après les attentats de vendredi à Paris? Fiche "S", effectifs policiers, état d'urgence : l'eurodéputé, ancien ministre de l'Intérieur, commente les annonces de François Hollande devant le Parlement ce lundi.

« Il faut que le Gouvernement arrête de nous informer de ce qu’il ne peut pas arrêter. »

Brice Hortefeux 8 h 20

-Les Français sont encore sous le choc et les politiques se chamaillent. Le spectacle des questions au Gouvernement hier, est-ce que c’est digne ?

Il y a une réalité, la multiplication de sentiments très divers depuis quelques jours.

Après l’émotion partagée, il y a aussi la colère et un sentiment face à l’échec puisque ce drame est un échec et ce matin il y a la reconnaissance, à l’égard des forces de sécurité, gendarmerie, militaire, qui visiblement progressent vite dans l’enquête.

-Cet échec doit être mis au débit du Gouvernement ?

C’est un échec parce qu’il y a eu un drame, parce que la politique pénale ne correspond pas à la situation de notre pays.

Je vous donne un exemple. Vous êtes un Français, vous partez en Syrie, vous revenez vous allez en prison, vous sortez vous avez le même statut qu’un délinquant de droit commun. Ça ne va pas. Il faut changer notre droit. C’est un échec de la politique étrangère menée par le chef de l’Etat qui s’est trompé.

Il y a des revirements qui sont utiles [..] en matière de déchéance de nationalité, vis-à-vis de la Syrie et donc de la Russie. Je les salue . Mais ils sont tardifs et parce qu’ils sont tardifs ils sont inquiétants.

-Alain Juppé dans une interview au Figaro qui paraît ce mercredi, dit : « Gardons-nous de dire que tout allait bien avant 2012 et que rien ne va plus depuis »

Des attentats ont été déjoués. J’ai moi-même été confronté deux fois lorsque j’étais à l’Intérieur de menaces très précises.

Mais il faut que le Gouvernement arrête de nous informer de ce qu’il ne peut pas arrêter.

-Vous n’approuvez pas les avertissements lancés par Manuel Valls

Je trouve qu’il y en a beaucoup. Il faut arrêter de prévenir sur ce qu’on n’est pas capable d’empêcher.

-Il faut créer massivement des postes dans la police ?

La question des effectifs est essentielle mais ce n’est pas la seule, les moyens techniques, scientifiques, matériels qu’il convient de compléter.

Aujourd’hui les policiers ne sont pas assez équipés.

Il y a eu des progrès considérables faits, sous Sarkozy il était décidé que chaque policier serait équipé d’un gilet pare-balles, c’est un progrès mais il faut continuer.

J’ai observé que le Président de la République avait pris comme année de référence [dans son discours à versailles] 2007, année où Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur.

Ensuite il y a eu un quinquennat présidentiel où une dizaine de milliers de postes a été supprimés ?

Malgré les annonces faites en 2012, on sait que depuis une étude publiée hier, il y a une diminution de policiers et gendarmes de 1965 postes.

Les effectifs auraient légèrement diminué depuis 2012 selon un article du Monde? Vous avez compris pourquoi les effectifs n’ont pas augmenté malgré la volonté de recruter ? J’ai retenu que vous avez fermé une partie des écoles de police.

La question de la formation est importante, former un gardien c’est un à deux ans. Donc les engagements pris par le Président de la République ne pourront pas être tenus.

INTERACTIV

  • (Auditeur) la droite s’est donnée donneuse de leçon, je voudrais rappeler qu’on ne supprime pas 13 000 postes de policiers et de gendarmes dans ce pays.

La seule préoccupation qui nous anime est comment améliorer la sécurité de nos compatriotes, tout le reste ne compte pas à mes yeux.

Nicolas Sarkozy avait procédé à des recrutements très importants. 2007 est l’année où il y avait le plus d’effectifs. Après nous avons été touchés par la crise financière.

  • (Auditeur) Après les attentats de Charlie, pourriez-vous me donner trois mesures concrètes que vous auriez pu prendre pour empêcher les attentats de vendredi

Je vous en cite une qui me concerne car je siège au Parlement européen. Il y a un texte : le PNR qui me semble essentiel. Il permet de suivre les mouvements au sein de l’Union européenne. Nous le soutenons activement.

La Vice-présidente socialiste du Parlement européen, Martine Roure, le 15 juillet s’y est opposée [NDLR elle n’est plus vice-présidente depuis 2009].

Il y aurait fallu qu’il y ait un effort de cohésion pour que ce texte soit appliqué.

C’est un instrument important pour améliorer la portection.

  • (Twitter) Quand vous pointez la politique extérieure de François Hollande, quelle conséquence de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy s’est inquiété de la passivité française sur le dossier syrien. Tout tourne autour de la Syrie. Depuis 3 ans il ne s’est rien passé.

  • (Thomas Legrand) Est-ce qu’il aurait fallu se rapprocher des Russes ?

Je souhaite qu’une nouvelle étape s’écrive.

Depuis 2012, il ne s’est rien passé sur le sujet.

  • Vous faites l’objet de critiques dans votre propre camp : Jean-François Copé a posté sur sa page Facebook : « nous avons fait le choix de faire tomber au Proche-Orient des régimes dictatoriaux sans mesure que nous aggravions la situation de la région. »

Je retiens aussi Alain Juppé, qui a indiqué hier, qu’il avait une position, qui avait évolué : qui était clairement de hiérarchiser nos priorités. La priorité c’est d’éradiquer Daech.

Une coalition internationale doit avoir les moyens pour le faire.

Toutes les parties syriennes doivent être associées. Le parti Baas, qui est une partie de la communauté syrienne, doit être associé.

  • (Cohen) La déchéance de nationalité ça a une utilité ?

C’est une évolution qui va dans le bon sens. […] c’est une mesure utile et symbolique.

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