Au lendemain des attentats terroristes au coeur de Bruxelles, le ministre de l'Intérieur est l'invité de Patrick Cohen.

Que peut dire un ministre chargé de la Sécurité au lendemain d’un attentat ?

Face aux menaces auxquelles nous sommes confrontés, il faut prendre en permanence des décisions, il faut adapter nos dispositifs. C’est ce que nous faisons.

Est-ce que vous confirmé que les deux kamikazes de l’enquête ont été identifiés ?

C’est au procureur belge en charge de l’enquête de le faire.

Vous avez annoncé des renforts sur le terrain. La prochaine étape ce sera de sécuriser des lieux ouverts : mettre des contrôles à l’entrée des aéroports ?

Vous allez rendre impossible l’économie.

Ça se pratique dans des aéroports au Moyen-Orient ?

Ce n’est pas la même taille et vous constituez des files qui sont des cibles pour les terroristes.

Si le terroriste sait qu’il peut se trouver confronter à un militaire en armes, cette présence peut avoir un effet dissuasif.

Deuxièmement, nous contrôlons les retours.

Troisièmement, nous contrôlons les personnels qui travaillent dans les aéroports. La loi Savary va permettre ce travail de ciblage.

Dans l’état actuel on ne peut s’empêcher de se dire ce qui aurait pu empêcher les kamikazes de prendre une voiture et de se faire sauter à Roissy, ou de prendre le Thalys ?

Dans toutes les rames du Thalys il y a des patrouilles.

Le ministre des Transports discute avec l’ensemble de ses homologues pour que les décisions prises en France soient prises dans l’ensemble des pays européens.

Question sur l’efficacité, c’est l’analyse qui fait défaut faute de moyens humains : c’est un agent qui le dit. Vos services sont débordés ?

Ce n’est pas parce que beaucoup de témoignages écrivent la même chose qu’il faut les croire.

Dans le cadre du plan de lutte anti-terroriste, on a créé 1500 emplois dans les services […] beaucoup sont déjà effectifs, nous avons recruté un tiers des effectifs l’an dernier.

Nous avons donné des crédits pour moderniser les services sur le plan technologique et numérique.

Les services ne sont pas noyés sous les données , il faut croiser les analyses avec l’ensemble des renseignements de l’Union européenne.

Echange d’informations entre pays. Est-ce qu’il faut relancer l’idée d’un FBI européen ?

Je ne crois pas que ce soit la bonne idée .

Les services de renseignement ne s’occupent pas uniquement de lutte anti-terroriste.

Si nous l’engagions nous perdrions beaucoup de temps à discuter de sujets sans issue.

Il faut renforcer le contrôle aux frontières extérieures.

Quand ils les franchisent il faut interroger le système d’information Schengen

Etre sûr que cette base de données a été alimentée par tous les systèmes de renseignement.

Il faut une task force de lutte contre les faux-documents . Des tas d’individus peuvent entrer avec de faux papiers sans qu’ils puissent être identifiés.

Pas de remise en cause de Schengen ? Marine Le Pen propose la fermeture de la frontière Belge ?

Elle propose les contrôles aux frontières, ils sont déjà en place. La fermeture des frontières, ce serait la fin de tous les échanges économiques. Ses représentants à l’Assemblée nationale n’ont voté aucune loi anti-terroriste.

Est-ce qu’il y a un problème belge ? Michel Sapin a épinglé hier la « naïveté » des Belges.

Les seuls propos à tenir vis-à-vis des autorités belges sont des propos de compassion.

Il y a des Molenbeek en France ?

Il y a des quartiers où la radicalité s’est enkystée. C’est la raison pour laquelle je mets dans ces quartiers des moyens, nous avons organisé lundi une instance de dialogue avec les représentants de l’islam de France. C’est la raison pour laquelle dans le cadre de l’état d’urgence nous avons mis en place des perquisitions.

Est-ce que la récidive de l’horreur, ça ne rend pas ridicule nos débats sur une éventuelle déchéance de nationalité des terroristes ?

J’ai une position qui est connue : lorsque des individus, par la violence des actes qu’ils commettent rompent la relation qu’ils ont avec la Nation, il faut que la Nation en tire les conséquences. Il est des actes symboliques qui rappellent la détermination de la Nation.

Il faut encore durcir l’arsenal législatif ? Une partie de l’opposition a demandé la perpétuité réelle des peines ?

Elle a diminué de 18% les crédits dans la police et la gendarmerie, pour faire oublier cela elle est parfois dans la course à l’échalote.

(Auditrice) Je suis conductrice de train en Pays-de-la-Loire, des petits TER où l’on nous a retiré des contrôleurs dans les trainsalors qu’on transporte des milliers de passagers .

Nous aurons la possibilité, grâce à des contrôles aléatoires, d’éviter des drames. J’ai demandé à la SNCF comme à la RATP d’augmenter le nombre d’agents spécialisés dans la sécurité. Nous avons augmenté le nombre de policiers et de gendarmes dans les trains et gares, mais nous ne pouvons mettre des forces dans chaque gare.

(Twitter) Berlin, il y a un contrôle de sécurité dans chaque salle d’attente, à Istanbul il y a des filtres et pas de file d’attente.

Le contrôle aux frontières s’applique aux vols extra-Schengen, pour les vols intra-Schengen, les contrôles sont aléatoires.

Bernard Cazeneuve visé par une plainte de la LDH
Bernard Cazeneuve visé par une plainte de la LDH © Lionel Cironneau/AP/SIPA /

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