Les Chedid unissent leurs voix et leurs répertoires sur un album commun inédit. Louis, Matthieu ("M"), Joseph et Anna étaient les invités de Patrick Cohen. Au menu : la musique, les intolérances, la composition en famille, des souvenirs de scène. Et deux live.

Patrick Cohen : vous ne jouez que tous les quatre, pas d’autres personnes ?

  • Mathieu : "C’est comme si on était dans notre salon. Il y a quelque chose d’intime. Les contraintes c’est ce qui est le plus inspirant."

  • Louis : "On avait envie de voir comment pouvait sonner un groupe avec nos propres individualités…"

Musicalement qu’est-ce qui vous rassemble ? Une forme de groove ?

  • Anna : "Les premières fois, on ne savait pas comment ça allait sonner… Mais quand on joue ensemble ça fonctionne. Souvent, il faut un temps d’adaptation avec les musiciens, là c’était assez naturel."

Vos chansons sont entremêlées. A trente ans d’écart, il y a deux chansons inquiètes et inspirées par l’actualité : Charlie et celle de 85 qui nous disait ce qui allait arriver…

  • Louis : "Malheureusement. C’est quelque chose qui est sorti de moi. Quand j’avais 12, 13 ans j’ai lu le journal d’Anne Frank et j’y ai découvert l’holocauste, ça ne parle pas que de ce moment-là, ça parle de tout le monde. Ça m’a bouleversé. C’est terrible de ce dire qu’on en est là. Ça m’est extrêmement antipathique."

Ce qui me gêne c’est comment l’extrémisme aujourd’hui joue avec les médias et comment les médias se laissent avoir. Ils ont annulé une émission de TV hier, on s’en fout. Tant mieux !

Ces références aux années trente ne semblent plus faire peur à grand monde ?

  • Louis : "Il y a une banalisation qui s’est faite petit à petit. Bien orchestrée. Ce n’est pas que le fait d’extrémistes mais aussi de gouvernements en place qui introduisent ces pensées pour faire peur aux gens. Ce n’est pas pour ça qu’il faut se dire qu’ils vont gagner. Je pense que la France est un pays d’accueil. Je suis arrivée à l’âge de 6 mois en France, on venait d’Egypte. On n’était pas comme les migrants d’aujourd’hui, on était plus favorisés. On a été accueillis d’une manière extraordinaire, d’une façon inouïe. C’est peut-être un des plus beaux pays du monde. Quand je reviens de voyage je me dis quelle chance on a d’habiter dans un pays pareil. Je pense que le Français a du bon sens, il ne va pas tomber là-dedans. Ce qui me gêne c’est comment l’extrémisme aujourd’hui joue avec les médias et comment les médias se laissent avoir. Ils ont annulé une émission de TV hier, on s’en fout. Tant mieux !"

Quel regard vous portez sur la chanson de Mathieu sur Charlie ?

  • Louis : "Ce qui est beau c’est que les gens la chantent en concert. C’est une chanson partageuse."

Pour « Anne, ma sœur Anne », les gens tapaient dans leurs mains, c’était troublant ?

  • Louis : "Ce qui est fort avec la chanson c’est que vous faites passer un message avec le groove."

Un auditeur : est-ce qu’Andrée Chedid, romancière et poète, est présente dans le disque ?

  • Louis : "Elle a fait des chansons pour Mathieu. A chaque fois qu’on chante « Je dis aime », elle est là."

  • Mathieu : "Andrée est présente à travers toute l’idée de transmission du spectacle."

Un auditeur : est-ce qu’il y aura un disque live ?

  • Louis : "On n’a pas voulu faire un disque live pendant la tournée, on a voulu faire une captation image à l’Opéra Garnier. Le film tourné passera à partir d’aujourd’hui sur Netflix."

Patrick Cohen : il y a un inédit sur votre album : « F.O.R.T »…

  • Mathieu : "Ce n’est pas évident de composer à quatre… Chedid ça veut dire costaud, donc fort. En ce moment, on nous appelle les costauds."

Patrick Cohen : dans votre coffret, il y a le film tourné par votre sœur Emilie, à Saint Rémy de Provence… "Ainsi soit-il", cette référence au cinéma qui vous habite tous. Louis Chedid vous avez commencé comme chef monteur à la Gaumont…

  • Louis : "J’adore le cinéma. C’est un fantasme : un jour je ferai un film. Peut-être dans une autre vie. J’avais envie de faire une comédie musicale je l’ai fait, j’avais envie d’écrire un livre je l’ai fait, j’ai envie de faire un film, je le ferai."

Patrick Cohen : vous avez composé en direct sur les images du film « Ne le dis à personne » par Guillaume Canet, qui vous a valu un César.

  • Mathieu : "Je me suis inspiré évidemment de Miles Davis pour « Ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle."
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