Les citoyens assistent en spectateurs à des milliards d’euros qui manquent, c’est trop abstrait ?

Rebranchons ça à notre actualité brulante. Sur les 50 millions de réfugiés dans le monde, il y en a 20 millions environ dont la cause est le changement climatique. […] si on veut résoudre la crise […] il faut faire du développement dans les pays.

Quel est le message pour que les Français s’intéressent au contenu, deux mois avant la COP ?

C’est la première négociation dans laquelle les 195 pays de la planète sont parties prenantes, riches et pauvres.

Il n’y a pas d’hypocrisie de la part des pays ?

Les pays en développement sont pauvres, ils n’émettent pas et sont plus victimes que les autres.

Et ils aimeraient devenir riche, avec de la croissance qui pollue ?

Non. Pas de croissance qui pollue. […] Avec cette conférence de Paris on est en train d’inventer un nouveau mode de développement pour l’ensemble de la planète. […] Il faut raconter ce chemin à chaque personne.

L’Allemagne a décidé d’arrêter le nucléaire, quitte à plus polluer avec des centrales à charbon.

Il n’y a pas de bons élèves dans cette transition. On est en train de faire un changement où l’on va être obligé de diviser par deux nos émissions de carbone. Vous et moi, si j’habite le centre-ville, je n’ai pas besoin de ma voiture, si je suis à la campagne, si, mais je pourrais plus facilement utiliser des énergies renouvelables.

Il faut une impulsion de la part d’un ou plusieurs grands pays industrialisés ?

Et si on sortait de la déprime collective ? Ce qui est en train de se faire à Paris, c’est une mise en marche de l’humanité toute entière. Toutes les ONG, toutes les banques vont être là. […] On a un cycle de négociations qui va durer jusqu’en 2018. […] Et si tous les pays allaient vers les mêmes technologies ? […] Ça s’appelle la relance économique mondiale. C’est ce qu’on a fait après-guerre, on avait tout cassé. Donc on va y aller tous ensemble.

Radanne Néry
Radanne Néry © Radio France

Vous avez vu un monde extraordinaire au fil des ans ?

Je n’ai pas assez de recul, mais j’ai eu la chance de discuter avec Falco qui était sur les expéditions de Cousteau, qui a vu une évolution au cours des 50 dernières années. (Guillaume Néry)

On parle de quoi ? de la mort des coraux ?

Le phénomène El Nino a laissé des marques terribles. Ça a été radical. Le dernier voyage qui m’a particulièrement marqué c’était les Philippines. Ces îles sont considérées comme le triangle d’or par rapport au Corail. En général il y a beaucoup de poissons quand il y a du corail. Mais depuis une cinquantaine d’années la pêche à la dynamite est légion. Quand j’ai plongé dans ce corail, je n’ai quasiment plus vu de poissons. (Guillaume Néry)

Cette observation a forgé chez vous un engagement personnel, vous êtes un militant écolo ?

Chacun doit avoir un petit bout de solution en lui. […] je ne veux pas basculer dans le donneur de leçon car il faut être irréprochable. mais je me suis mis en marge d’EDF, chez ENERCOOP depuis 2 ans, je me suis mis dans des AMAP. [Devenir végétarien] m’a traversé l’esprit. […] Je fais de la chasse sous-marine à Nice ou en voyage, cela peut paraître contradictoire mais cela me permet de ne jamais acheter de poisson auprès de la pêche industrielle. ce n’est pas grand-chose mais ce sont par des petites actions individuelles qu’on peut avancer. (Guillaume Néry)

Pierre Radanne, vous avez été le Président de l’ADEME, donc vous êtes habitués à délivrer des messages simples

Je pense profondément que le pessimisme est une lâcheté. […] Chaque fois qu’on convainc quelqu’un on fait avancer l’humanité !

Quand est-ce qu’on va dire la seule solution pour résoudre les problèmes c’est de baisser notre niveau de vie ? Le problème ce n’est pas le réchauffement climatique, c’est le problème des ressources.

Par rapport à la question croissance décroissance. Il faut poser deux questions ; la croissance et la décroissance pour qui ? Et la croissance et la décroissance sur quoi ? Je travaille pour les pays Africains. Si vous leur en parlez de décroissance, ils ne vont pas comprendre. Ils vont même considérer que c’est une turpitude nouvelle des pays développés pour leur interdire d’améliorer leur condition de vie. De l’autre côté qu’est-ce qui doit décroitre et qu’est-ce qui doit croître ? […] La définition du progrès est l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation des ressources. […] les technologies de communication font qu’un enfant aujourd’hui peut avoir accès à plus […] de diversité culturelle de connaissances que les générations précédentes. […] C’est une réorientation complète de l’économie, on va vers une société relationnelle et ça c’est une belle croissance.

Ne faudrait-il pas montrer qu’il faut préserver les espèces animales car elles ont un intérêt économique ?

C’est une tendance que j’ai pu noter depuis ces cinq dernières années : la prise de conscience qu’un animal vivant a plus de valeur qu’un animal mort.

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