Jacques Antoine Granjon
Jacques Antoine Granjon © Radio France / Anne Audigier

Devant le succès grandissant des achats en ligne, Jacques-Antoine Granjon, PDG de "vente-privée.com", nous parle de l'économie numérique et répond aux questions de Patrick Cohen et des auditeurs.

Vente-privée.com vise une nouvelle croissance à deux chiffres en 2014 et devrait rapidement réaliser l'essentiel de son chiffre d'affaires par le biais de l'internet mobile, a déclaré le PDG du pionnier du déstockage sur internet.

Le spécialiste des ventes "flash" d'articles de mode (stocks d'invendus proposés à prix cassés pendant un court laps de temps), qui s'est ensuite diversifié dans le voyage, le vin ou la billetterie de spectacles, réalise aujourd'hui 40% de ses ventes via des tablettes ou des téléphones mobiles. Jacques-Antoine Granjon a déclaré en marge du World Retail Congress qui s'est tenu à Paris du 7 au 9 octobre :

Bientôt, on ne consommera plus que par un smartphone. Le smartphone, c'est la baguette magique du commerce. Assez vite, ce sera 90% de nos ventes que nous ferons de cette façon", a-t-il ajouté, sans plus de précision.

Le chiffre d'affaires de Vente-privée devrait avoisiner 1,5 milliard d'euros en 2013, signant une progression de 16%, moins importante qu'en 2012 où elle avait atteint 22%. Jacques-Antoine Granjon a dit espérer que la progression à deux chiffres se poursuive "pendant les dix prochaines années".

Si le "m-commerce" passant par les tablettes numériques et les smartphones contribue à ce que le client soit en permanence connecté et accroît donc la fréquence des visites du site, il ne constitue pas en soi un élément de croissance, a indiqué Jacques-Antoine Granjon. "Le mobile marche très bien pour certains achats d'impulsion mais pas pour d'autres comme le voyage", a-t-il noté.

Les ventes via internet mobile ont littéralement explosé en France l'an dernier, grimpant de 160% pour atteindre environ un milliard d'euros, selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).

Diversifier l'offre

Après les vêtements, les voyages, le vin, ou encore la musique, Jacques-Antoine Granjon a encore fait l'évenement en se lançant dans la distribution alimentaire en ligne. Cette nouvelle offre s'appelle Miam-miam et s'intégre sur le site de vente-privée.com. Roi du commerce en ligne, roi de la communication aussi, deux ministres étaient là pour ce lancement en fanfare, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et Sylvia Pinel, ministre du Commerce. Le fonctionnement de Miam-miam reste le même que pour les autres articles déjà sur le site, une vente courte avec une grosse réduction à la clef.

Le reportage de Manuel Ruffez

Mais cette part restait encore modeste par rapport aux 45 milliards d'euros dépensés au total dans le e-commerce. Pour assurer sa croissance et limiter sa dépendance vis-à-vis des marques et de leurs imprévisibles déstockages, Vente-privée doit sans cesse porter l'effort sur la diversité de son offre. "La clé pour nous, ce sont les stocks et ce n'est pas toujours facile à trouver", a souligné Jacques-Antoine Granjon. Le site, qui revendique la première place en France pour la vente de vins en ligne avec un chiffre d'affaires d'environ 20 millions d'euros, vient d'ouvrir à Beaune (Côte-d'Or) un entrepôt logistique dédié au vin d'une surface de 10.000 m2.

Vente-privée, qui dispose de son propre réseau logistique intégré, compte au total 13 centres de distribution. Le groupe, qui compte 19 millions de clients en Europe, réalise encore 80% de ses ventes en France. Présent aux Etats-Unis depuis 2011 en partenariat avec American Express, le pionnier du déstockage devrait y avoir doublé ses ventes en 2013, aux environ de 45 millions d'euros. Le français avait dû réviser ses ambitions à la baisse outre-Atlantique, où son modèle inventé en 2001 a été largement copié (Gilt Groupe, Rue La La) et où la pratique du "discount" est omniprésente, dans des magasins ou des grandes chaînes comme T.J. Maxx ou Marshalls.

Vente-privée emploie environ 2 000 personnes et dégage une rentabilité nette comprise entre 5% et 7%. Jacques-Antoine Granjon et ses associés détiennent près de 80% du capital du groupe, les 20% restants appartiennent au fonds d'investissement américain Summit Partners.

Photo homepage : Jacques-Antoine Granjon © Maxppp

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