La vice présidente de Les Républicains et députée de l'Essonne est l'invitée de Patrick Cohen.

8 h 20 – L'intégrale :

Dans le discours de Nicolas Sarkozy en Alsace, un élément est revenu régulièrement : « La France de toujours » et ses valeurs, tout en déplorant l’affaissement de la République. C’est quoi les valeurs de la France de toujours ?

Mais c’est les valeurs de la République, c’était d’ailleurs le thème du discours.

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Il a déploré « des décennies de renoncement » et de « lâcheté collective ». Dans quels domaines ?

On rentre dans le sujet par quelque chose qui était un angle mort du discours de François Hollande lundi 16, même si j’ai applaudi dans le mouvement d’union national.

Il manquait à son discours le côté social . Parlons d’éducation, parlons d’islam de France. Parlons de valeurs qui montrent que la France est attractive.

Sur ces questions, est-ce que vous diriez que la France a une part de responsabilité dans le terreau sur lequel le jihadisme a pu prospérer ou bien qu’aucune excuse sociale, sociologique ou culturelle ne doit être trouvée au terrorisme ? Autrement dit, est-ce que vous vous reconnaissez plutôt dans les propos d’Emmanuel Macron ou dans les propos de Manuel Valls ?

Je pense qu’aucune excuse ne doit être trouvée au terrorisme . La culture de l’excuse c’est la culture de la victimisation et ça ne conduit nulle part. C’est bien que la gauche s’en détache.

Ça ne veut pas dire qu’à côté des questions sur la sécurité on ne doit pas se poser des questions sur la société.

Sur deux sujets : les questions de la jeunesse, l’éducation et l’islam de France.

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Il y a une responsabilité individuelle ?

Chacun est responsable pour soi. Les terroristes sont responsables d’eux-mêmes. Mais on peut se poser la question des repères qu’on donne à notre jeunesse.

Alors vous allez pavoiser d’un drapeau tricolore vos fenêtres demain ?

J’ai eu une discussion avec mon fils dimanche dernier et j’ai décidé de lui offrir un drapeau français.

Il y a la question de savoir ce qu’il y a derrière. On n’est pas allé au fond du débat quand on a fait la réforme du collège. Dans les programmes, dires quels sont ces grands hommes, ce n’est pas ringard. Quand on ne donne pas ces repères, il y a d’autres gens qui viennent s’installer dans ces failles et ce ne sont pas nos amis.

Il n’y a pas eu de consensus sur les mesures sécuritaires prônées par Anne Hidalgo.

Je soutiens les mesures sécuritaires prises au niveau national comme au niveau parisien. C’est par ailleurs celles que nous proposions depuis des mois et des années. Parfois ces mesures étaient brutalement rejetées. Au mois de septembre au Conseil de Paris on a fait un vœu pour que les policiers gardent leur arme chez eux en rentrant le soir. Elle avait été brutalement rejetée.

Après il y a des sujets où l’on peut aller plus loin. Il faut se demander ce que l’on fait après l’état d’urgence.

Au niveau parisien je trouve qu’il n’est pas normal que Paris n’ait pas de police municipale, c’est la seule grande ville en France qui n’en ait pas.

(Cohen) C’est aussi la ville qui a le plus de policiers par habitants.

C’est la police qui va décharger la police nationale de certaines tâches.

Autre exemple où l’on pourrait aller plus loin : la vidéo protection.

Autre exemple : les crèches sont en retard au niveau des équipements en matière de visiophones. Ca relève entièrement de la municipalité.

Interactiv __

(Auditeur) Depuis quelques années votre parti fait la course à l’échalote avec le FN. Pourquoi ne pas avoir une réaction bleu-blanc-rouge ?

Je n’ai pas l’impression que nous faisons la cours à l’échalote avec le FN.

Je suis la candidate contre lequel le FN a appelé à voter PS.

Vous parliez du Nord Pas de Calais, Xavier Bertrand ne fait pas la course à l’échalote avec le FN. On ne répond pas à la montée du FN en variant de ligne. Le politique ne réagit pas en fonction de ses positions, une partie du vote FN est en partie liée au dégoût des politiques qui n’ont plus de convictions.

(Cohen) la question portait aussi sur l’attitude à l’entre-deux tours.

On verra au soir du premier tour. Objectivement ces questions ont plus de chances d’être posées au PS.

(Thomas Legrand) Est-ce que vous pouvez dire que vous préférez un candidat PS à un candidat FN ?

Non seulement je l’ai et je l’ai écrit.

(Auditeur) Vous avez trouvé deux angles morts dans le discours de François Hollande notamment le discours à la jeunesse. Je voulais votre avis sur les 80 000 suppressions de postes sous Nicolas Sarkozy et les 60 000 créations sous François Hollande.

Je ne crois pas que le problème de l’éducation nationale soit majoritairement là.

Je ne crois pas que les banlieues dans lesquelles on ne peut plus parler de shoah dans les programmes d’Histoire, ça changera quelque chose.

Avec la suppression des classes bilangues, je ne crois pas qu’on va dans le bon sens. Ce n’est pas un problème de prof.

(Twiiter) La police nationale n’est-elle pas plus adaptée à une ville comme Paris qui fait la taille d’un département .

Des petits problèmes pourraient être absorbés par la police municipale et décharger ainsi la police nationale qui est bien utile dans le contexte actuelle.

J’ajoute que ça ne coûterait pas très cher car les personnels existent. Aujourd’hui y a 1000 agents à la DPP et 2000 qui sont des ASP, payés par la ville et mis à la disposition du préfet de police. Donc 3000 agents qui pourraient assurer des missions de sécurité mais qui ne le font pas pour des raisons idéologiques.

Le prochain défi c’est la COP 21, sur le plan local, la Maire de Paris demande aux Parisiens de ne pas utiliser leur voiture dimanche et lundi. C’est un appel que vous auriez pu lancer ?

Ce ne sera pas possible de prendre sa voiture , des voies entières seront fermées. Ce serait déraisonnable de prendre sa voiture.

Je trouve ça bien que la COP ait été maintenue.

Mais je ne comprends pas pourquoi on a laissé venir tous les délégués, tout en interdisant certain types de rassemblement . Sur les 40 000 personnes qui viennent, il n’y en a que 10 000 qui négocient. Sur le redimensionnement après les attentats, je ne comprends pas les critères qui ont présidé aux choix qui ont été faits.

Vous avez été condamné en appel pour avoir diffamé Jean-Luc Mélenchon en 2012, vous l’aviez accusé d’accointance antisémite. Est-ce que vous admettez aujourd’hui un peu de légèreté dans vos déclarations de l’époque ?

Je vais en cassation. J’avais dit à l’époque qu’on trouvait sur son site internet des personnalités contestables.

Il s’agissait à un appel contre l’austérité en Grèce.

Il accueille sur son site des personnes contestables. Donc je vais en cassation.

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