L'avocat et député Rassemblement Bleu Marine du Gard, allié au Front National, était l'invité de Patrick Cohen.

Patrick Cohen : Fréjus est pointée du doigt car en manque de logements sociaux...

Gilbert Collard : "Je pense qu’on doit tenir compte de l’avis des populations. Il y a une amende donc il y a une porte de sortie. Les amendes sont légitimes à mes yeux. La municipalité qui ne respecte pas le quota doit les payer. C’est un problème de démocratie. Si la population préfère payer des amendes plutôt que d’avoir un surcroît de logements sociaux c’est son choix. "

Vous êtes contre la mixité sociale dans les villes riches ?

"Je ne suis pas contre la mixité sociale dans les villes riches. On doit travailler pour le faire accepter. On n’impose pas à le « vot’ bon cœur m’sieur dames », on fait accepter. Après il ne faut pas être naïf : on ne cherche dans les logements sociaux une clientèle qu’on a perdue ailleurs."

Le chômage connaît sa plus forte baisse en huit ans...

"Si c’était une baisse réelle ce serait une bonne nouvelle. Les catégories B et C sont en hausse et si on inclut les DOM, on est à +0,6%. Si demain on me rapportait la nouvelle que le chômage baisse, que ce soit Hollande ou quelqu’un d’autre, je serais ravi."

Le conflit à Air France, qu’en pensez-vous ?

"Cela m’a amené à évoluer dans ma réflexion car je crois qu’être catégorique c’est être con.Dans un premier temps, devant ces images, je me suis dit que c’était la fin de l’Etat, des relations humaines. Dans un second temps je suis arrivé à la conclusion qu’il y a trois types de violence : la violence économique qui engendre la violence patronale qui engendre la violence salariale. Si on pouvait contrôler la violence économique qui vient d’un peu partout, de l’Europe, on pourrait contrôler le reste. On a raison de dire que les salariés subissent une violence patronale mais ils subissent surtout une violence économique."

Tout le monde a raison dans ce conflit en fait ?

"Je donne tort au personnel qui a commis des violences. Je donne raison à Air France qui veut imposer des réformes."

Sur le fond est-ce que les salariés doivent faire des sacrifices ?

"Si demain on vous disait que France Inter est en danger vous feriez des sacrifices ?"

Un auditeur : vous justifiez le fait qu’une municipalité puisse s’acquitter d’une amende, donc vous justifiez aussi le paiement d’une amende si on ne respecte pas le code de la route ?

"Le paiement de l’amende vient en compensation du fait que les logements ne sont pas créés. Si on ne respecte pas le Code de la route on commet une infraction contraventionnelle."

Patrick Cohen : Jacques Myard a déclaré : « c’est un plaisir d’être hors-la-loi » face à la une loi soviétique…

"S’il n’y avait pas un refus de la part des populations il n’y aurait pas de refus des populations. A force de les contraindre, on va créer des tensions qu’on est là pour dénouer. Vous croyez que vous avez le monopole, comme disait l’autre, du cœur en termes de finances ? Non."

Un auditeur : sur quel change comptez-vous baser le Franc et quel impact sur le salaire ?

"Nous leur avons volé leur décision."

Patrick Cohen : un référendum ouvert ou un gouvernement qui ne ferait pas campagne pour ou contre l’euro ?

"Il est temps de laisser les gens s’exprimer. Il n’est pas question d’imposer une sortie de l’euro en catastrophe."

Donc quel type de parité franc-euro ?

"Il y a des avis très divergents. Finalement on devra se ranger à l’opinion d’un comité de spécialistes."

Un auditeur, sur Twitter : à quoi sert le micro parti Jeanne ? (Patrick Cohen précise que les micro partis sont un moyens de contourner la loi sur le financement des partis politiques)

"C’est… autorisé par la loi."

Votre position sur la CGT aurait évolué ?

"J’ai connu des communistes que j’aimais bien parce qu’ils avaient une authenticité."

Carine Becard : Marion Maréchal Le Pen a estimé que la différence entre elle est LR allait se faire dans la pratique des pouvoirs. Elle reconnaissait que leur programme était proche alors que le FN s’est beaucoup moqué de l’"UMPS" .

"Il y a le texte et le contexte. On le montre dans les mairies qu’on dirige. Souvent Les Républicains ont un programme qu’ils nous piquent."

Vous aviez conseillé à Marine Le Pen de ne pas être candidate…

"Louis Aliot et moi pensions qu’elle devait se consacrer à la présidentielle. Vu le souffle du vent elle a eu raison."

Que pensez-vous de son absence à Des Paroles et des Actes ?

"France 2 ne fait pas ce qui veut. Ma conception c’est "merde aux médias". C’est une manière de dire « vous ne ferez pas notre loi avec nous ». Que vous soyez des migrants qui veulent entrer de force, des journalistes, des syndicalistes, on ne se laisse pas faire. On est dans l’inscription de l’autorité d’Etat."

Patrick Cohen : le conflit des avocats… Ils ont raison de se révéler ?

"L’aide juridictionnelle, c’est la justice du pauvre. Si les avocats sont rémunérés pour l’aide juridiciotnnelle par leur propre argent, ils ne sont plus payés et à partir de ce moment le service sera dégradé. Déjà qu’il y a un prolétariat de la barre, il va y avoir une crise de l’aide juridictionnelle."

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.