Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d'EELV s'inquiète de l'avancée des discussions entre négociateurs avant la COP 21. Invitée de Patrick Cohen, elle est notamment revenue sur les sujets du réchauffement climatique et de la place des écologistes dans le débat politique.

Patrick Cohen : nous sommes à un mois de la COP21. Vous vous-êtes saisi de l’appel de Nicolas Hulot pour lui répondre : "Oui nous sommes prêts".

Emmanuelle Cosse : "Nicolas Hulot a lancé un appel aux chefs d’Etat et aux citoyens. Les écologistes répondent « oui nous sommes prêts » pour identifier les mesures extrêmement concrètes à mettre en œuvre dans les régions avec la rénovation des logements, avec une agriculture moins émettrice, mais également sur des choses que nous avons déjà faite : notamment une finance propre. "

Qu’est-ce qui vous distingue du PS et du gouvernement ?

"Je pense et je crois que les écologistes n’ont pas la même vision de ce qu’on peut faire sur le territoire. Nous avons souvent été ceux qui ont poussé les élus socialistes au niveau régional. Une majorité n’est pas un bloc. Je suis élue en Ile-de-France, nous avons voulu faire un tarif commun pour tous les franciliens, cela a abouti après cinq ans de rapports de force très compliqués."

Cela a abouti car vous avez gouverné la région avec les socialistes ?

"Cela a abouti car nous mettons la qualité de vie au cœur du développement. Investir dans la rénovation du logement dans notre pays va amener de l’emploi pour 40 ans."

On vous reproche de disperser les voix de gauche...

"Moi je me bats pour que dans les régions il y ait des politiques solidaires."

Aujourd’hui, le sondage donne le FN gagnant dans les régions.

"J’ai des critiques sur la politique de Manuel Valls et Hollande et je ne m’en cache pas mais ce qu’il faut savoir, c’est si aujourd’hui les gens qui vont diriger nos régions sont progressistes. Je vais chercher des électeurs, ceux qui se sont éloignés des urnes. Je fais le jeu de la démocratie. Si la politique c’est de reprocher à ses partenaires de faire le jeu de la démocratie alors je me demande pourquoi on a une démocratie dans notre pays."

Le texte de pré-accord COP21 fait une cinquantaine de pages. Est-ce une bonne base de départ ?

"Je suis toujours optimiste dans la vie mais pour vous dire les choses franchement, aujourd’hui je suis extrêmement inquiète. Si on ne débloque pas des choses importantes on va vers l’échec. Aujourd’hui il y a un blocage sur les financements qui peuvent donner aux pays vulnérables le moyen de s’adapter. Hollande dit devant les Nations Unis je vais augmenter l’aide au développement de 5 milliards d’euros, le mercredi suivant Michel Sapin présente la loi de Finance pour 2016 où il baisse l’aide au développement. Les pays africains disent nous n’avons pas confiance en vous ! Les négociateurs africains ont dit à Bonn nous arrêtons la discussion tant que les pays du G20 ne concluent pas sur des accords financiers réels et tant qu’ils n’arrêtent pas la communication. Nous sommes à deux doigts d’un échec cuisant. "

Philippe Verdier explique dans un livre que les experts du GIEC ne sont pas objectifs.

"Le discours des climatosceptiques me fait penser au discours des négationnistes du sida dans les années 1980. Ce qui m’a choqué c’est qu’une personne exposée au public ait pu publier un livre sans que sa hiérarchie soit au courant. Chacun a la liberté d’expression qui lui permet de publier un livre même quand on ne veut pas l’entendre. Sur la question du climat, raconter aujourd’hui ses salades, c’est indécent. Il y a 23 millions de réfugiés climatiques dans le monde."

Un auditeur : la COP21 ne va-t-elle pas créer de la pollution résiduelle ?

"Dans l’organisation de la COP nous avons tout mis en œuvre pour qu’on voyager par les transports en commun par exemple."

Patrick Cohen : il y aura du beau monde. Quatre-vingts chefs d’Etat…

"C’est le monde qui se donne rendez-vous à Paris pour décider de l’avenir à la planète."

Patrick Cohen : à Copenhague le but était de faire venir les chefs d’Etat à la fin. Pour Fabius mauvaise idée car ils n’avaient pas pu rattraper le retard des négociations. Cette fois ils seront présents au début de l’évènement.

"Ce qui va se passer au G20 à la mi-novembre en Turquie sera aussi important que ce qui va se passer le premier jour de la COP."

Un auditeur : Madame Duflot n’a pas fait d’écologie au Gouvernement. Son bilan est négligeable. L’écologie intéresse-t-elle les écologistes ?

"Je me suis engagée pour vivre dans un monde meilleur et je continuerai de dire que l’écologie est essentielle pour notre pays. La réalité c’est que la victoire gagnée sur le diésel après vingt ans de combat c’est la victoire des écologistes. Nous avons enfin réussi à faire tomber le lobby du diesel. Aux régionales, il faut se rassembler au second tour. Si Paris a porté de grands projets c’est parce que nous avons été une pièce maîtresse pour les élections municipales."

Est-ce facile de se fournir en énergie 100% renouvelable ? Comment la COP21 va-t-elle être fournie en énergie ?

"Aujourd’hui on peut être abonné à Enercoop et qui ne produit que des énergies renouvelables. C’est un fournisseur que nous soutenons dans les territoires."

Patrick Cohen : c’est ce que dit Nicolas Hulot dans son manifeste : rompez avec EDF !

"Sur la seconde question je ne saurais répondre à cette question car je ne suis pas secrétaire générale de l’évènement."

Carine Bécard : que ferez-vous après l’élection ?

"Nous avons 400 élus sur le territoire et ce n’est pas le départ de quelques personnes qui va nous porter préjudice. Je ne fais pas de politique fiction, je suis uniquement sur les Régionales. Les bouleversements qu’elles pourraient amener, ou pas, nous invitent à nous interroger sur les raisons de la perte de confiance et sur ce que l’on peut proposer dans les années à venir."

Le groupe EELV va continuer d’exister au Sénat ?

"Ils vont trouver un compromis comme à l’Assemblée Nationale."

Carine Bécard : vous êtes fatiguée de diriger ce parti ?

"C’est une mission difficile et en même temps gratifiante. Je vois tous les jours des gens qui vivent dans des conditions indignes dans la 6e puissance du monde et ça me suffit à me rappeler pourquoi je me suis engagée."

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