Ce matin à 8h20 : un entretien exceptionnel que Shimon Peres a accordé à Patrick Cohen;

Et à 8h40 un débat avec deux représentants de la jeunesse en ce jour de mobilisation nationale contre la loi travail: Benjamin Lucas (MJS) et Alexandre Leroy (FAGE).

► ► ► Retrouvez ici la version longue de l'interview en vidéo :

Vivre avec la menace terroriste, en Israël, vous connaissez ça depuis des décennies, que pouvez-vous dire aux Européens qui connaissent et doivent apprendre à vivre avec cette menace.

C'est possible, faire le combat, la lutte contre la terreur et gagner. La France et pris et fait voter les lois nécessaires contre le terrorisme. Je n'ai aucun doute que la France peut vaincre, que l'Europe peut vaincre car les terroristes ne sont pas un Etat, ils n'ont pas un idéal, ils n'apportent aucun idéal aux enfants aux étudiants,il n'y a pas de Dieu dans le monde qui dise à ceux qui croient : assassiner tout le monde. Qui aurait dit ça ! Un Dieu qui aurait ordonner de couper les têtes ?! Il faut absolument faire un travail d'éducation envers les jeunes pour qu'ils ne deviennent pas les victimes d'un emballement fou.

Dans la lutte contre l'Etat islamique est-ce c'est une bonne idée de s’allier avec l'Iran, ailé du régime de Bachar-el-Assad ou est-ce que vous continuer de penser que c'est erreur d’avoir conclu un accord avec Téhéran, qui aboutit à une levée des sanctions ?

Le monde entier a pensé qu'il fallait éviter que les Iraniens aient l'arme nucléaire.

Cette fois-ci il y a eu une tentative extrêmement intéressante d'unir tous les Etats du monde.

Toutes les révolutions se sont terminées par une révolte contre la révolution, peut-être qu'à Téhéran aussi il y a des gens qui en ont assez des régimes des ayatollahs, qu'il y a des femmes en Iran, qui en ont assez de cette ségrégation.

Vous croyez en une évolution possible de l'Iran et vous avez de l'espoir pour la façon dont le peuple iranien pourrait faire évoluer le pays ?

Oui. Je 'en suis pas sûr,c 'est une guerre, une lutte, il pourrait y avoir des échecs mais l'Iran a accédé à des demandes importantes. Il vaut mieux aller de l'avant avec cette coalition.

La lutte contre le conflit israélo-palestinien ne connaît plus aucun progrès, qu'est-ce qui permettrait de débloquer des discutions ? Une conférence internationale comme le propose les Français ou des discussions directes comme le demande le gouvernement israélien ?

Je pense que ce sont des négociations, sans les projecteurs des médias et sans organiser quotidiennement une conférence de presse, j'ai participé à trois tentatives d'établir la paix, avec l'Egypte, avec les Jordaniens, avec les Palestiniens. Je me souviens que l'Egypte à l'époque de Nasser disait qu'il n'y avait aucun risque d'arriver à la paix. Il avait organiser une coalition pour tuer Israël. Qui aurait rêvé qu'à la place de Nasser, son successeur arriverait à Jérusalem ? Pourtant ça s'est produit.

Un de nos premiers ministres, Ariel Sharon, avait décidé d'évacuer la bande de gaza. Personne ne nous avait forcer à le faire. Il m'avait demandé de le rejoindre pour avoir la majorité du Gouvernement. On a fait sortir 8 000 colons qui avaient construit leur maison là-bas. Il a fallu 65 000 policiers pour faire sortir les gens. Il a fallu payer 4 milliards de dollars. Nous l'avons transféré aux arabes. On a laissé des bâtiments, mais jusqu'à présent,je crois que la majorité des juifs et des arabes veut la paix. Personne ne veut voir des enfants enterrés.

Il y a encore un autre point : nous voulons tous nous battre contre le terrorisme. Il faut travailler avec courage. Il ne faut pas dire : il n'y a rien à faire. Ce n'est pas quelque chose que les paresseux peuvent régler.

Travailler avec l’objectif, à terme, l'idée que deux états puissent exister. Est-ce qu'il serait possible de faire dans une partie de la Cisjordanie ce qui a été fait à Gaza pour qu'il y ait un état Palestinien fiable ?

Ce n'est pas obligatoire car en Cisjordanie il devrait en fait y avoir deux Etats : une partie de l'Etat israélien et une partie de l'Etat palestinien. J'ai atteint un certain âge, je sais que s'il y a deux problèmes, il y a aussi deux solutions.

Il n'y a pas de limite à la créativité. Celui qui a peur face à une situation nouvelle, il faut lui dire une chose : les choses changent. L'Histoire, on ne peut pas la coller au frigo.

Vous avez 93 ans, vous continuez de rencontrer des gens, de lire beaucoup, qu'est-ce qui vous motive ?

Il y a une question politique très importante de par le monde : le prestige des hommes politiques a diminué car beaucoup disent : je suis grand, je suis fort et beaupré n'y croient plus. Le public dit : tu veux nous diriger alors tu nous faut croire des choses.

Dans mes expériences j'ai aussi été Président. Quelle est la différence ? Quand j'étais Premier ministre, je pouvais donner des ordres à l'armée, à l'administration. La vérité c'est qu'ils ne m'ont pas beaucoup aimé car tous les membres du cabinet pensaient qu'il aurait mieux valu qu'ils soient Premier ministre plutôt que moi. Après j'ai été Président et là je n'avais pas d'ordre à donner. J'ai trouvé qu'en tant que Président je pouvais faire plus de choses qu'en tant que Premier ministre car au lieu de donner des ordres j'ai demandé aux personnes d'être volontaires et en sept années, je n'ai jamais entendu prononcer le mot « non ». Je faisais des choses qui n'étaient pas dans le cadre.

Je dis : au lieu d'essayer de changer autrui, change-toi toi-même.

Les gens me posent la question : comment est-ce qu'on peut rester comme ça en éveil ? J'ai un conseil à vous donner : comptez combien de réussites vous avez dans la vie et comptez combien de rêves vous avez en tête. S'il y a plus de rêves que de réussites, alors tu es jeune.

Shimon Peres
Shimon Peres © Radio France / Aude Cordonnier
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