« Bien entendu nous ne ferons rien » avait lâché Claude Cheysson en décembre 1981 le jour du putsch de Jaruzelski en Pologne.

Un garçon mène un troupeau de chèvres près de bâtiments endommagés dans la ville assiégée tenue par les rebelles de Zamalka, dans la banlieue de Damas, Syrie, 3 octobre 2016
Un garçon mène un troupeau de chèvres près de bâtiments endommagés dans la ville assiégée tenue par les rebelles de Zamalka, dans la banlieue de Damas, Syrie, 3 octobre 2016 © Reuters / Bassam Khabieh

Et le ministre de Mitterrand avait ajouté ceci :

Je note dans la déclaration de Jaruzelski qu'il s'agit d'affaires intérieures polonaises, ce que nous souhaitons par-dessus tout. Les Polonais règlent leurs affaires entre eux.

Une affaire intérieure. La phrase avait fait scandale.

Même pour ménager Moscou, on ne dirait plus cela aujourd’hui, mais, pour la Syrie, cela revient au même.

Car bien entendu, nous ne ferons rien pour arrêter les assassins d’Alep, stopper ce bombardement délibéré et systématique de civils, femmes, enfants, secouristes, avec ces hôpitaux rasés, ces abris pulvérisés par ces bombes d’un nouveau genre testées par l’armée de Poutine. Ce que Nicolas Tenzer appelle dans un saisissant article sur slate.fr"une guerre d’extermination", qui n’a pas de précédent depuis la Tchétchénie et la liquidation de Grozny par le même Poutine.

Alors bien entendu nous ne ferons rien, parce que nous ne déclarerons pas la guerre à Moscou, parce que Barack Obama a décidé de ne rien faire. Parce qu’il y aura toujours des esprits éclairés pour vous expliquer qu’on ne peut pas se passer des Russes, que les Américains sont forcément pires, que Bachar El Assad n’est pas qu’un massacreur, que la priorité c’est la lutte contre Daesch, etc.

Et à nous qui ne ferons rien, en bien il nous reste à ne pas oublier qui sont les tueurs et à questionner leurs soutiens.

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