Beaucoup de ceux qui nous écoutent, urgentistes, infirmières, paysans, policiers, livreurs, dorment peu ou travaillent la nuit.

Ils ne feront jamais la une de L’Express consacrée au président de la République. « Macron la nuit » pour citer le titre de ce dossier sur « les réunions à minuit, les sms à deux heures » : le président « empêche tout le monde de dormir !».

Car dans la mythologie, c’est très important : le grand homme n’exerce pas seulement sa grandeur aux heures ouvrables. Sa force et sa puissance s’épanouissent aussi dans les ténèbres. La nuit, c’est la métaphysique du prince, le moment méditatif, la face d’ombre du pouvoir, quand nous autres, les gens simples, ronflons et faisons des apnées du sommeil.

Ariana Huffington publie chez Fayard La Révolution du sommeil, livre très américain sur les ravages des nuits courtes. Dans une interview, et l’écart est très drôle, elle parle de Donald Trump et de ses tweets cinglés au saut au lit : « son manque de sommeil ne lui rend pas service – ni à son pays. Plutôt que de récompenser des hommes politiques qui se vantent de rester éveillés toute la nuit, les électeurs devraient favoriser des dirigeants bien reposés, dormant à des heures régulières pour se débrancher et refaire le plein. »

Les travaux scientifiques vont d’ailleurs dans le même sens, le Prix Nobel de médecine a été décerné lundi à trois chercheurs spécialistes du sommeil. L’un d’eux, M. Rosbash, 73 ans, raconte un peu furibard qu’il a été « choqué » par l'annonce du Nobel qui est tombée comme la foudre alors qu’il s’apprêtait à roupiller, assis tranquille, je cite « avec sa femme, en pyjama ».

Allez bon réveil à tous, vous écoutez Inter et il n’est que 7h44 !

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