Le dernier membre encore vivant du groupe Manouchian est donc mort hier... Arsène Tchakarian avait 101 ans. Né en 1916 en Turquie pendant le génocide arménien, arrivé en France à 14 ans, il était le dernier acteur et témoin direct de cet épisode de la résistance intérieure.

Cérémonie d'hommage aux fusillés de l'affiche rouge morts pour la France au square Manouchian (Marseille, 23 février 2013)
Cérémonie d'hommage aux fusillés de l'affiche rouge morts pour la France au square Manouchian (Marseille, 23 février 2013) © Maxppp / C Sollier

Des jeunes étrangers de toutes origines et de toutes cultures, Athées souvent, communistes toujours, français très rarement car immigrés mais toujours amoureux de la France. En 1944, vingt-trois des camarades d'Arsène Tchakarian considérés comme "terroristes" sont assassinés par les nazis, et leurs photos sont placardées sur la célèbre Affiche rouge.

Mais le groupe Manouchian, c'est aussi cette énorme polémique dans les années 80 entre intellectuels communistes et de la gauche non-communiste. L'objet du débat ? Le groupe a-t-il été "lâché" par le PCF comme le laisse entendre en 1985 le documentaire Des Terroristes à la retraite. Le parti communiste et ses relais empêchent la diffusion du film, il faudra la mobilisation de Simone Signoret, Ivan Levai ou Georges Kiejmann pour qu'il passe sur Antenne 2 dans les dossiers de l'écran, 13 millions de téléspectateurs ce soir-là.

Aujourd'hui le débat n'est pas clos entre historiens. 

Il n'y a pas LA Vérité en Histoire, il n'y a pas plusieurs vérités, explique Denis Pechansky. Il y a plusieurs lectures vraies des évènements.

Pas facile de faire œuvre d'Histoire quand on travaille sur une véritable Légende. 23 jeunes gens exécutés, 22 garçons fusillés, une femme décapitée à la hache... Sublimés par Aragon et Léo Ferré.

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