Personnellement, je ne connaissais pas le mot.

Jamais entendu. « Dictamolle ». Mais qu’est-ce qu’une « dictamolle » ai-je demandé à ce matin à l’équipe du 7-9. Réponse unanime : c’est quelque chose de sexuel, sans doute une nouvelle pratique encore hétérodoxe appelée à se généraliser. Eh bien pas du tout, amis lubriques.

Ecoutons Jean-Luc Mélenchon, devant l’Elysée en février 2015, sur le sort fait à la Grèce. Extrait

Place au député Insoumis Alexis Corbière, sur la loi antiterrorisme. Extrait

La « dictamolle » est donc un concept de sciences politiques, venu du monde latino-américain pour désigner une certaine forme de régime autoritaire : il y a les dictatures dures, « dicta-dura » en espagnol, et donc les « dictamolles ». Un historien explique : «La “dictamolle” est un gouvernement autoritaire où la démocratie n'existe plus ou se trouve sur le point de disparaître. Elle peut être soit une dictature avec un faible niveau de répression soit une démocratie avec un haut niveau de répression».

C’est Jean-Marie Pottier qui retrace, dans un article du site Slate, la généalogie du concept. Il y a, dans le même ordre d’idées, la « démocratie » et la « démocrature », que citait Alexis Corbière, c’est-à-dire un régime qui ressemble de l’extérieur à la démocratie, avec par exemple des élections, des droits civiques, mais où ces dispositifs sont attaqués et sapés de l’intérieur.

Pour les spécialistes, c’est clair : la Turquie d’Erdogan comme le Venezuela de Maduro sont des « dictamolles ». Mais les Insoumis, vous l’avez entendu, préfèrent, eux, s’en servir pour parler de la France et de l’Union européenne.

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