Pierre Boulez répète avec son Ensemble intercontemporain. Et vous entendez – se souvient Jacques Drillon dans L’Obs - un fracas épouvantable, un tonnerre apocalyptique, une cataracte de sons en tous sens. Soudain, Boulez s’arrête. Silence instantané. Et le chef : « Michel, ta troisième triple croche, à la mesure 26, tu l’as faite un peu longue ».

Voilà l’une des images d’un chef exceptionnel, oreille absolue, gestuelle incomparable, sans baguette jamais : le poignet le plus souple de toute l’histoire de la direction d’orchestre, écrit encore Drillon.

Un homme qui avec ses musiciens était scintillant, spirituel, souple, amical. Et qui, en public, pouvait être arrogant, cassant, méprisant.

Boulez en France a été adulé autant que détesté. Il a même été chanté par quelqu’un qui ne l’aimait pas.

Léo Ferré , qui lui aussi a dirigé des orchestres, mais voulait faire descendre la musique dans la rue.

Extrait Léo Ferré.

Léo Ferré, qui dénonce en 1975, Boulez, le "musicien matheux", dans sa boutique entre deux équations.

On continuera de prendre la mesure du personnage, immense, à 8h20 avec nos invités : Stéphane Lissner, Bartabas, Renaud Capuçon, Gérard Courchelle.

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