Et soudain, à la page 445, la Cour des Comptes parle de conflit d’intérêts. On s’arrête, on relit la phrase pour bien comprendre… Oui, parce qu’on a beau aimer les rapports de la Cour des Comptes… c’est comme le gras double ou le jambonneau sur choucroute, il faut avoir de l’appétit.

Or donc, dans cette immense choucroute de chiffres, de millions jetés par les fenêtres et autres gabegies, on s’est attardé –allez savoir pourquoi- sur le cas de l’audiovisuel extérieur de la France avec RFI et France 24, sa gestion chaotique marquée par la guerre Pouzilhac/Ockrent, sa dérive financière massive, et même sa situation hors la loi, faute de contrat d’objectif signé avec l’Etat. Mais pourquoi le gouvernement a-t-il laissé faire ? Comment expliquer que la Cour appelle la défaillance des autorités de tutelle ?

Et bien c’est là que surgit le conflit d’intérêts.

Jusqu’alors, expliquent les magistrats, la tutelle principale de l’audiovisuel extérieur était exercée par le ministère des affaires étrangères. Mais le Quai d’Orsay « s’est désengagé afin de prévenir les risques de conflit d’intérêt ». En clair… Mais la Cour des Comptes ne le dit pas comme cela… Il fallait que Madame Ockrent ne se retrouve pas sous la tutelle de Monsieur Kouchner.

Fin de l’histoire ? Pas tout à fait. Car il faut lire la toute fin du rapport, page 460 et suivante, avec les lettres de réponses des ministres ?

Puisque la Cour des Comptes recommande que le ministère des affaires étrangères redevienne le pilote de l’audiovisuel extérieur. Réponse de Laurent Fabius : « Je partage tout à fait l’avis de la Cour ». Réponse d’Aurélie Filippetti : « Je m’étonne de cette remarque. C’est une compétence partagée, etc… »

Bref, le jambonneau court toujours.

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