Un conseil de lecture ce matin. Si vous aimez les portraits, allez donc vous plonger dans ceux qu’une jeune journaliste a croqués à très belles dents, il y a une soixante d’années. Françoise Giroud, c’est elle, c’était son premier livre… "Françoise Giroud vous présente le Tout-Paris", un recueil que Gallimard a eu la bonne idée de rééditer sous sa couverture originelle.

Et on ne voit pas où trouver aujourd’hui dans cet exercice une telle insolence, un sens du croquis, de l’anecdote et un tel bonheur d’écriture. Il y a là quelques politiques : Mitterrand « éblouissant en conversation et imbattable au ping-pong. » Mendès-France « qui a la terrible voix pure de ceux qui sont certains d’avoir raison ».

Mais surtout des artistes, les célébrités des années 50, qui reprennent vie en quelques lignes. Pierre Brasseur, acteur magistral et soulographe majuscule. Fernandel que rien n’atteint sauf sa rivalité avec Raimu. Danielle Darrieux, aussi insaisissable qu’un poisson rouge, Edith Piaf qui répond toujours au téléphone en criant qu’elle n’est pas là. Et encore quelques icônes que Françoise Giroud saccage joyeusement.

Ainsi Gérard Philipe… sinistre et méprisant qui, écrit Giroud, ressemble singulièrement à ces enfants de riches qui s’ennuient à mourir devant leurs trains électriques. Ou encore plus féroce, Tino Rossi… « petit homme gras et mélancolique, incapable d’articuler clairement 3 phrases à la suite. La Corse a donné à la France un empereur et un chanteur. Le premier a mal fini, le second n’en finit pas ».

Extrait de « L’idole à papa » de Jean Ferrat

Non ce n’était pas Tino Rossi chantant du Jean Ferrat. C’était Tino Rossi imité par Jean Ferrat, disparu il y a trois ans, aujourd’hui.

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