Est-il encore permis de douter ?

Ou de détourner les yeux des crimes de l’armée syrienne ?

Vous lirez cette semaine dans Le Nouvel Observateur l’appel au secours de ce médecin généraliste d’un hôpital clandestin de la banlieue de Damas, quartier assiégé par le régime depuis cinq mois, et qui dans la nuit du 20 au 21 août a du faire face à un massacre sans précédent à coup de gaz neurotoxique.

Majed Abou Ali raconte ces 24 heures d’horreur face à l’afflux de patients, plus de 600 en 4 heures, la pénurie de médicaments et de matériels, la détresse des soignants qui ont du choisir qui sauver. « On avait une mère et son fils de 5 ans. Et qu’un seul embout pour les ventiler et leur apporter de l’oxygène. » Silence. « On a choisi le fils ».

Médecin en larmes et en colère, contre le monde entier qui nous regarde mourir et qui ne fait rien. « On est devenus les rats de laboratoire de Bachar El Assad ».

Il y 30 ans face à de tels crimes, disait récemment Bernard Kouchner, on aurait manifesté dans toutes les capitales.

Mais, la compassion n’est plus ce qu’elle était.

Tenez hier soir, 19h58, dépêche AFP : l’Allemagne choquée par un doigt d’honneur brandi par le rival de Merkel.

Le doigt du social-démocrate Peer Steinbrück, en réponse à une question sur ses ratés de communication. La photo fait la une du Süddeutsche Zeitung . Et celle du quotidien Die Welt : Steinbrück fait un doigt d’honneur à l’Allemagne.

Obscène en effet.

Le doigt de Bachar El Assad en rit encore.

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