L'acteur est mort il y a 45 ans aujourd'hui

Pierre Brasseur et Jean Gabin dans "Les grandes familles" de Denys de la Patellière en 1958
Pierre Brasseur et Jean Gabin dans "Les grandes familles" de Denys de la Patellière en 1958 © AFP / Marcel Dole / Photo12

C’était un 14 août, le 14 août 1972.

Excessif, bon vivant, fort en gueule. Mais grandiose dans quelques rôles au théâtre et au cinéma. Pierre Brasseur succombait à une crise cardiaque lors du tournage d’un film en Italie. Il a joué Sartre, George Bernard Shaw, Claudel, Musset sur les planches

Au cinéma il était Frédéric Lemaître, exubérant, charmeur dans « Les Enfants du paradis ». ou jeune voyou arrogant dans « quai des brumes ».

Et puis cette scène d’anthologie dans « Les grandes familles ».

Brasseur est Lucien Maubland, flambeur, riche, dévoyé, la honte de la famille, qui demande à son cousin Jean Gabin - Noël Schoudler puissant financier, respecté, grand patron d’un journal - de publier un article complaisant pour une jeune actrice. Gabin dit non, alors Brasseur se fâche.

- Tout le monde a droit à la magnificence Schoudler, tout le monde sauf moi. Nous sommes pourtant de la même famille !

- Nous ne donnons pas le même sens à ce mot.

- Ah… Nous avons de l’argent tous les deux. Toi, tu représentes le patronat, moi le capitalisme. Nous votons à droite : toi c’est pour préserver la famille. Moi c’est pour écraser l’ouvrier. Dix couples chez toi c’est une réception, chez moi c’est une partouze. Et si le lendemain nous avons des boutons, toi c’est le homard, moi c’est la vérole. Tiens, même la guerre nous en l’avons faite ni l’un ni l’autre. Toi tu représentes le héros de l’intérieur, et moi le planqué. Avoue que tout ça est bourré d’injustices..

- Mon cher Lucien, je suis ravi de t’avoir revu. Maintenant si tu veux bien me laisser travailler….

- Ah, travailler… j’attendais ça… Le maître mot, l’explication de tout. Voilà 40 ans que tu travailles et que je ne fais rien. Que tu gagnes de l’argent et que j’en dépense. Que tu collectionnes les présidences, et moi les aventures. Vous me haïssez parce que je m’amuse, vous me haïssez et moi… j’vous emmerde

Dialogues signés Michel Audiard

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.