Paul Lombard, le grand avocat pénaliste qui vient de disparaître à 89 ans.

Paul Lombard
Paul Lombard © Maxppp / Remi Wafflart

Paul Lombard en parlait comme de sa vieille ennemie : la peine capitale. C'est contre elle qu'il plaide pendant 3 heures au procès de Christian Ranucci, sous les huées d'une foule qui crie à la mort. En vain. Puis devant Valéry Giscard d'Estaing pour une demande de grâce.

On écoute une archive : "L'avocat se souvient surtout des batailles perdues. J'ai eu l'impression, presque la certitude, que j'avais convaincu le président de la République. La suite a démontré que je ne l'avait pas convaincu."

La suite, c'est ce petit matin du 28 juillet 1976 à la prison des Baumettes, 4h du matin. On écoute un extrait. : "Je me souviens des bruits horribles qui brusquement viennent saigner le silence, un premier bruit, sourd, c'est le corps du supplicier que l'on met en place, un second bruit de catastrophe, c'est le couteau qui s'abat, et puis , peut être le plus atroce, le bruit du sceau d'eau que l'on lance sur la machine pour laver le sang d'un jeune homme"

On peut retrouver son morceau d'éloquence au procès Ranucci, dans Les grandes plaidoiries des ténors du barreau. Un recueil de Matthieu Aron, aux éditions Mareuil Éditions.

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