Notre consœur Sandra Mueller raconte.

Un ancien patron de chaîne s’adresse à elle lors d’un festival télé : « Tu as de gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit ». Citation encore, là c’est notre consœur Julia Molkhou qui rapporte les propos d’un « animateur-producteur », toujours à la télé, elle refuse ses avances : « tu ne bosseras plus jamais, petite pute. Plus jamais tu m’entends ? ». Et puis un autre souvenir, raconté par Giulia Foïs de France Inter : « un rédacteur en chef. Grande radio, petit couloir », il l’attrape à la gorge et lui dit : « un jour, je vais te baiser que tu le veuilles ou non ».

Tous ces messages sur Twitter sont accompagnés d’un mot clé : « balance ton porc ». Suite à l’affaire Weinstein, le mot clé a été lancé par la journaliste Sandra Mueller pour appeler les femmes à raconter, à dénoncer les agressions et le harcèlement dont elles sont victimes au travail. Résultat : un continent de violence et de saloperie ordinaire dans tous les secteurs de la vie professionnelle. Libération cite par exemple Isabelle : « repas de fin de chantier, 30 personnes. Trois hommes me saisissent, m’entravent et me caressent, en chantant. Tout le monde rit ».

Balancer les porcs sur Twitter, sur Facebook, c’est la première étape. Mais quelles seront les autres ? Giulia Foïs, toujours dans Libération souligne que « cette libération de la parole ne libère rien du tout. Dans deux jours, plus personne n’en aura rien à foutre ».

Espérons que ce ne soit pas le cas, que les lois par exemple, obligent enfin les porcs à rendre des comptes. Sur ce point, précisément sur la loi, toutes les informations en ouverture du journal de 8h de Marc Fauvelle.

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