« Je ne laisserai pas toucher à Canal + », déclare le président de la République dans un communiqué. Tandis que de son côté, le Premier ministre s’engage à veiller à l’identité de la chaîne et à sa liberté de ton. Le chef du gouvernement, qui en meeting à Rennes, a fait siffler le patron de Canal +… Jean-Marie Messier.

Oui, nous sommes en 2002, à quelques jours du 1er tour de la présidentielle. Et c’est l’éviction de Pierre Lescure de la direction de la chaîne cryptée qui mobilise politiques et candidats, Jacques Chirac et Lionel Jospin donc, qu’on vient de citer.

On repensait à cette séquence en découvrant le formidable récit que va publier aujourd’hui M , le Magazine du Monde sur la nouvelle et stupéfiante reprise en main de Canal, qui contrairement à celle de 2002, ne suscite que très peu de réactions.

La journaliste Raphaëlle Bacqué décrit un Vincent Bolloré, totalement désinhibé, un raminagrobis jouant avec des souris terrifiées et sidérées par sa brutalité.

Limogeant sa DRH, en une phrase adressée aux syndicats et en sa présence : « Elle était méchante, hein ? Eh bien, à la place, je vous ai mis un gentil ».

Vincent Bolloré qui se mêle personnellement de la relance des Guignols, qui a relu les sketches élaborés cet été, qui a presque tout jeté au panier.

Charline, vous imaginez notre PDG Mathieu Gallet débarquant dans votre bureau : « alors vous avez quoi au programme aujourd’hui ? Et vous voulez que je vous aide pour faire la blague ? »

Oui, parce que Raphaëlle Bacqué raconte qu’après avoir tout envoyé à la poubelle, Vincent Bolloré a lui-même pris la plume et griffonné une ou deux saynètes à sa façon.

Les verra-t-on un jour à l’antenne ?

Extrait de « Guignol », Les Têtes Raides.

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