Il y a 30 aujourd’hui disparaissait le grand poète René Char. Dans le flux parfois étonnant de l’actualité, prenons une minute. Juste une minute pour écouter Char lui-même lire « Allégeance », l’un de ses poèmes les plus connus, une triste mais belle histoire d’amour. Archive de 1965

René Char lit "Allégeance" :

Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima ?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards.
L'espace qu'il parcourt est ma fidélité.
Il dessine l'espoir et léger l'éconduit.
Il est prépondérant sans qu'il y prenne part. 

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
A son insu, ma solitude est son trésor.
Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse. 

Dans les rues de la ville il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?

Légende du visuel principal:
"Dans les rues de la ville, il y a mon amour". René Char dit l'amour triste et le célibat. © Getty / Yun Han Xu
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.