Par Bruno Duvic.

C’est au fond à droite, un bâtiment calciné. C’était le quartier général de la révolution sur la place Maïdan depuis 3 mois. Il en reste quelque chose. Au 4ème étage, un homme vous empêche de passer. Centre militaire. Dans les escaliers brulés, un homme se presse, fusil automatique à la main.

On grimpe au 5ème, vue imprenable sur la place. Au milieu, la statue de l’indépendance, no man’s land de terre brûlée... Mais autour, 10.000 personnes s’affairent. La République autonome de Maïdan vit toujours. On apporte des vêtements, de la nourriture. On boit, on dort à même le sol. Un prêtre bénit la foule. Des générateurs produisent de l’électricité. Odeur de toilettes, de pétards et de pneus brulés.

Un atelier cocktail Molotov est ouvert. 200 bouteilles de bières vides attendent d’être remplies d’un mélange explosif.

Sur la dernière barricade à l’entrée de la place, fumée noire. Celle des pneus que les manifestants font brûler pour tenir la police à distance.

Avant quand on s’éloignait de la place, la vie quotidienne reprenait ses droits à Kiev. Désormais, beaucoup de magasins sont fermés, les files d’attente s’allongent aux distributeurs de billets. Les rayons se vident dans les supermarchés. Les écoles et crèches sont fermées.

Loin de Kiev à Odessa hier soir, on a joué au football. 0-0 entre l’Olympique lyonnais et les Tchernomorets Odessa en ligue Europa. On a tenté d’imposer une minute de silence pour les morts de ces derniers jours. Raté, le silence a tenu à peine deux fois 10 secondes.

Ce sont des extraits de reportage de Libération , du Monde , de l’agence Reuters et de L’Equipe ce matin. En bande son, la place Maïdan, filmée 24 h sur 24 et diffusée sur Internet.

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