Des erreurs à foison, des regrets comme s’il en pleuvait.

Voici donc l’inventaire de Sarkozy par Sarkozy.

Et le résultat, ce livre à paraître lundi que nous avons eu hier soir entre les mains est assez fascinant, compte-tenu de la répugnance bien connue de l’ancien président à se remettre en cause.

Résumons.

Dès 2007 : erreur d’avoir mésestimé la portée symbolique du Fouquet’s. Erreur d’avoir tenté de sauver sa famille sur le yacht de Bolloré. Regrets de ne pas mieux choisir ses mots. Les juges comparés à des petits pois, l’intention était noble écrit-il, mais la phrase malheureuse. Tout comme « Casse-toi, pauvre con », une bêtise.

Regrets de ne pas avoir mieux dosé les mesures fiscales de son début de quinquennat. De ne pas s’être attaqué aux 35 heures et à l’ISF.

Erreur d’avoir nommé Jean-Pierre Jouyet, retourné depuis chez Hollande. Erreur d’avoir laissé ses collaborateurs s’exprimer publiquement, ça c’est pour Henri Guaino.

Grave imprudence avec Patrick Buisson, malgré les mises en garde. Aujourd’hui encore, écrit l’ancien président, il m’arrive de me demander comment j’ai pu me laisser duper. Erreur d’avoir critiqué La Princesse de Clèves. Et d’avoir tu la passion qu’il éprouve depuis longtemps pour le cinéma, la littérature, la peinture. Mais Nicolas Sarkozy dit qu’il eu tort de ne pas avoir remis en cause le régime des intermittents.

Erreur encore d’avoir nommé directement les PDG de France Télévisions et de Radio France.

En 2012 : erreur d’avoir retenu ses coups lors du débat d’entre-2-tours face à François Hollande. C’est Giscard qui m’avait conseillé de ne pas me livrer à un combat de rue, explique-t-il.

Erreur enfin d’avoir sous-estimé le poids du racisme, de l’homophobie et du sexisme. D’où son revirement assumé sur le mariage homosexuel. « Je ne souhaite pas qu’on légifère à nouveau ».

A côté de tout cela, il y a pas mal de sujets sur lesquels Nicolas Sarkozy ne cède rien.

Il balaie en quelques pages ses dossiers judiciaires.

Explique que s’il avait eu l’argent pour moteur, il aurait eu une autre vie que la politique. Parle de ses conférences rémunérées, au passé. Se félicite de rester fidèle à ses amis.

Et regrette d’avoir cédé à la pression médiatique, en renonçant à la mise en œuvre du discours de Grenoble.

Dernière erreur concédée : ne pas assez déléguer.

Et Nicolas Sarkozy de se demander ingénument : peut-être ne suis-je vraiment utile que dans les temps de crise ?

Extrait « mes erreurs » par Ralph Bernett.

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.