Petit manuel de lecture de Charlie Hebdo après le dessin en Une de la dernière édition.

Suite aux attentats de Barcelone, la Une de Charlie Hebdo fait à nouveau débat
Suite aux attentats de Barcelone, la Une de Charlie Hebdo fait à nouveau débat © Getty / Gaetan Allouche

On y voit une voiture folle comme celle des attentats de Nice et de Barcelone, laissant dans son sillage deux cadavres. Le titre : « l’Islam, religion de paix éternelle ».

Une fois de plus, cette Une crée le débat et la polémique : anti-musulmane, faisant la confusion entre islam et islamisme terroriste, jetant du coup l’anathème sur une religion toute entière, le dessin de Charlie ne passe pas.

Il faut donc rappeler quelques clé de lecture :

1/ Charlie moque toutes les religions, et de manière brutale, voire très brutale : on peut ne pas aimer, évidemment, mais c’est un fait que des centaines de dessins vient établir.

2/ trouver un dessin mauvais ou raté, malvenu ou malveillant, facile ou stupide, est également un droit. Mais ce jugement ne peut conduire à liquider ou limiter le droit à la caricature car oui, caricaturer fait partie intégrante de la liberté de la presse.

3/ demander à Charlie de retenir sa plume, de mesurer sa violence éventuelle, c’est demander à Charlie de ne pas être Charlie, ce qui est au minimum étrange.

Et puis pour finir, il y a le droit inaliénable du lecteur à ne pas lire un journal, un journal qui le choque ou le scandalise. Personne n’est obligé de passer au kiosque s’il préfère passer son chemin. Cet ensemble de droits, dont l’agencement est parfois complexe et incertain, mérite d’être rappelés et surtout défendus car ces droits sont les nôtres et définissent un espace public démocratique.

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