Puisque tout fait ventre dans ce billet, on a eu la curiosité ce week-end d’aller au bout du livre, pardon du chef d’œuvre mis à la une du Nouvel Observateur et de Libération

Oui, c’est cela : le livre de Marcela Iacub… qui s’achève par une scène inouïe, littéralement inouïe… Faut-il la raconter, puisque personne n’en parle ? Disons qu’il y est question de mutilation et de cannibalisme. Et que c’est cet acte dont le degré de sauvagerie est assez proche d’un viol, qui écrit l’auteur, a déclenché ou relancé son projet de livre.

Et d’un coup, la perspective est renversée. La condamnation quasi-unanime, le dégoût presque général qui ont accueilli ce livre, sont soudain brouillés.

Iacub a-t-elle poussé la métaphore de sa passion dévorante, jusqu’à imaginer se faire dévorer ? A-t-elle inventé les dialogues qui ont suivi avec son dévoreur, avec le médecin qui l’a soignée, son oreille arrachée… les détails qui courent sur 22 pages du livre ? Même sous couvert d’allégorie, ce serait assez méprisable.

Ou bien son récit est vrai, conforme au titre du Nouvel Obs : mon histoire avec… Et alors, comment reprocher à la victime de l’avoir rapporté, à défaut de l’avoir dénoncé à la justice -ce qu’elle dit avoir envisagé- comment faire grief à un écrivain de raconter sa rencontre avec Hannibal Lecter ?

Question que je laisse ouverte, chers auditeurs-lecteurs…

Extrait « Pourquoi m’as-tu mordu l’oreille ? » par Jean Yanne.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.