Il était depuis trois ans le cauchemar de Goldman Sachs. La banque américaine avait même diligenté une enquête, sans succès, pour démasquer celui de ses salariés qui postait des tweets ravageurs sur le compte GS Elevator Gossip : les ragots de l’ascenseur de Goldman Sachs… pour le bonheur de ses quelque 600.000 abonnés.

Et on en entend de belles dans l’ascenseur de Goldman Sachs, en 140 caractères :

« Je veux juste être riche, au point de ne pas être motivé par l’argent ».

« Ma poubelle mange mieux que 98% de la population ».

« Pour la St-Valentin, j’ai envoyé des fleurs à ma femme avec une carte qui dit « félicitations ».

Bref des loups de Wall Street à tous les étages de cet ascenseur, des loups cupides, cyniques et machistes. Le mouvement Occupy Wall Street s’est d’ailleurs servi ces tweets pour ses campagnes contre la finance.

Et puis hier, le New York Times a révélé l’identité du banquier mystère. Il a 34 ans, il s’appelle John Lefevre… en français : Jean Lefevre. Mais ce tonton flingueur – là n’a jamais mis les pieds chez Goldman Sachs… et pas plus dans l’ascenseur. Bref il a tout inventé, même s’il s’est inspiré de son expérience.

John Lefevre a bien travaillé dans la finance, sept ans dans la banque Citygroup à New York puis pour une start-up à Hong-Kong. Mais il vit aujourd’hui au Texas. Et s’apprête à devenir riche à son tour. Puisqu’il vient de signer avec un éditeur, pour une compilation de ses meilleurs tweets, un contrat de plusieurs centaines de milliers de dollars.

Voilà. L’affaire a quand même suscité quelques commentaires consternés de journalistes attachés à la vérité des faits, il en reste.

Le plus édifiant dans cette histoire, peut-on lire dans le Washington Post c’est de constater que ni Lefevre, ni son éditeur, ne semblent penser que cette mystification puisse déranger quelqu’un.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.