Quelques citations :

« Il s’écoute trop et raconte des conneries » ; « débit un peu trop désinvolte et limite poissonnière » ; « c’est Tchoupi fait du journalisme » ; « Il ne serait pas mal en démonstrateur à Auchan ou DJ au Macumba ».

Voilà avec quels mots furent évalués, et éliminés, des aspirants journalistes qui passaient un concours pour entrer dans notre noble maison, Radio France. Personne n’aurait dû le savoir mais, Tchoupi faisant aussi du management, ces amabilités ont été écrites noir sur blanc, le fichier envoyé par erreur et donc rendu public. Une telle méchanceté, couplée à une telle bêtise, laisse pantois. Et le feu est parti hier sur les réseaux sociaux.

Combien de salariés ou de précaires sont-ils ainsi évalués et dégagés par ceux qui en ont le pouvoir ? Enormément évidemment, et dans tous les secteurs de l’économie. Pas question de demander des privilèges ou des égards particuliers pour les journalistes, une entreprise de médias est une entreprise comme une autre, elle est juste plus visible et doit donc être plus exemplaire.

Mais ce rire mauvais, carnassier, dit aussi quelque chose de l’époque : la difficulté pour les jeunes à accéder à l’emploi et surtout le gouffre qui existe entre ceux qui sont installés, protégés, peuvent faire des blagues et tous les autres qui doivent se taire.

A chacun selon son mérite évidemment. Mais pourquoi la sélection doit-elle s’accompagner d’une humiliation ? Sidérant de devoir poser la question, ici, en 2017.

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