En ces temps de crise, l’impopularité des dirigeants est-elle une fatalité ?

Non bien sûr. Regardez le Turkménistan, cette sympathique dictature d’Asie centrale, dont le président Berdimoukhamedov vient d’ajouter à sa gloire déjà immense, une victoire dans une course de chevaux dotée de 11 millions de dollars.

Le chef d’Etat a coiffé tous ses concurrents sur la ligne d’arrivée. Mais dans ce pays qui en matière de libertés n’a rien à envier à la Corée du Nord, on imagine le sort de ces malheureux s’ils s’étaient amusés à galoper un peu plus vite que le satrape.

D’ailleurs les medias d’Etat, les seuls autorisés, ne s’y sont pas trompés : « Le président Berdimoukhamedov a encore démontré ses talents de cavalier, peut-on lire, mais aussi sa forte volonté, sa fermeté et son courage ».

Et ce n’est pas Laurent Fabius qui dira le contraire. Il y a deux mois, le ministre français s’était rendu à Achkhabad, la capitale turkmène pour évoquer, avait-il dit « le développement de la collaboration » avec Paris, dans le domaine équestre, étant donné la passion du président pour le cheval.

Evidemment c’est un peu maigre, dans un pays doté de 4% des réserves mondiales de gaz, où l’argent coule à flots, où les bordures des trottoirs sont en marbre blanc… mais où le groupe Bouygues, omniprésent à Achkhabad, a construit une cinquantaine de grands bâtiments.

En tout cas, là-bas, ça marche. Et François Hollande pourrait en prendre de la graine, par exemple en prenant le départ dimanche à Vincennes. L’an dernier Berdimoukhamedov, qui est aussi président du parti unique a été réélu avec 97% des voix, face à sept autres candidats qui ont passé leur campagne à vanter le bilan du sortant. Tandis que dans plusieurs bureaux de vote, des haut-parleurs diffusaient des chants à la gloire du dictateur.

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