Être à France Inter, c’est mieux qu’être à un repas de Noël. Ça coûte beaucoup moins cher en cadeaux, déjà. Et puis, on est plutôt bien entourés...

Françaises, Français, bonjour.

Alors, c’est un juif, un arabe et un Suisse qui sont tous seuls dans un studio radio…

Apparemment la direction de France Inter voulait être sûre de diffuser de l’humour familial aujourd’hui.

C’est Noël.

C’est bien pour ça qu’il est 8h55 sur France Inter et que vous entendez les voix d’Ali Baddou et Charles Nouveau, plutôt que Nicolas Demorand et Nicole Ferroni.

On est les Thauvin et Lacazette de Radio France. Les fleurons du banc de touche.

Et la matinale du 25 décembre c’est un peu comme un match des Bleus contre les Îles Féroé.

Y a beaucoup moins de gens qui vont suivre, mais si on se plante, ils seront quand même ravis de nous dire qu’on avait l’air cons.

Alors qu’à première vue faut quand même avoir le sens du sacrifice pour être là aujourd’hui.
À Paris. Loin de nos familles.
Ça en dit long sur notre amour de la radio et du service public !
Ou alors sur combien nos proches sont difficiles à supporter pendant la totalité d’un repas.

Et je sais que vous voyez de quoi je parle, chers auditeurs.

Certains parmi vous nous écoutez en ce moment même en plein périple de 9 heures à bord d’un bus à destination de gens que vous ne vous réjouissez de revoir qu’à moitié.

D’autres ont annulé leur dîner de ce soir en prétextant la grève des transports alors qu’ils habitent dans le même arrondissement que leurs parents.

Claude Askolovitch je me suis renseigné on m’a dit que vous veniez de l’Est de Paris, là on est à l’Ouest.

Je sais pas si vous avez une bouffe à louper tout à l’heure, mais vous au moins vous avez une excuse.

Etant donné l’état actuel de la circulation c’est presque comme si vous deviez aller en Alsace.

Et ce serait compréhensible.
Après tout Noël c’est un jour qu’on se souhaite « joyeux » parce qu’avec l’expérience on sait très bien que c’est pas gagné d’avance.
(C’est pour ça qu’il y a marqué Joyeux Noël partout dans la rue en ce moment.
On essaie de faire tenir bon à la population. C’est notre Keep Calm and Carry On à nous.)

Raison pour laquelle suivant les points de vue:

être à France Inter, c’est mieux qu’être à un repas de Noël.

Ca coûte beaucoup moins cher en cadeaux, déjà.

Ici il faut juste faire semblant d’écouter les chroniques des autres pour faire des heureux.

Et puis toute hypocrisie à part, on est plutôt bien entourés, c’est vrai.
Je sais pas si vous êtes d’accord, Claude, mais je pense qu’on a tous au moins un cousin moins intéressant qu’Ali Baddou. Au moins.

Ali si un jour vous nourrissez des ambitions électorales, je vous offre volontiers ce slogan de campagne: « Ali Baddou, mieux que certains de vos cousins. »
Joyeux Noël.

On a tous au moins un proche un peu raciste, aussi.
C’est un classique des repas de Noël.

Quand j’ai annoncé sur le groupe WhatsApp de ma famille que je serai avec Ali Baddou en matinale, quelqu’un a répondu: « surveille bien tes affaires. »
Wow. Affligeant. Affligeant, je sais. Mais vous le savez, on ne choisit pas sa grand-mère.

Vous serez peut-être déçu de savoir que je n’ai pas répondu.

Mais vous serez ravi d’apprendre: que je vais bientôt hériter. Paix à son âme.

Vraisemblablement d’ici 2022 va y avoir quelques disparitions dans ma famille officielle.

Et apparemment 300 suppressions d’emplois dans ma famille d’adoption.

Parce que Radio France c’est un peu une famille, au fond. C’est vrai.

Et hier, alors que je fêtais ma première année de remplacement sur cette antenne, j’avais l’impression de commencer à en faire vraiment partie puisque je recevais - enfin - mon badge.

J’étais si fier jusqu’à ce que je vois que mon badge était valable jusqu’au 5 janvier.
Hashtag: on est une famille.

Ali, Claude : j ’espère avoir été plus intéressant que certains de vos cousins.

Et je vous souhaite à tous un joyeux Noël.

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