Charles Nouveau est mélancolique : c'est déjà sa dernière chronique aux côtés d'Ali Baddou.

Françaises, Français, bonjour.

Nous sommes le matin du 26 décembre.

C’est donc de nouveau Noël, aujourd’hui, dans des milliers d’appartements de papas divorcés.

Un Noël bis. Un peu plus triste. Un peu plus fade. Comme des chips un lendemain de fête.

Le 26 décembre c’est la mélancolie,

Également parce que c’est ma dernière chronique en compagnie d’Ali Baddou.

4 jours. 5 chroniques.

Aux côtés de celui qui n’a pas toujours eu les mêmes initiales que la production d’Hélène et les Garçons.

C’est au début des années 2000, inspiré par les stades de foots qui vendent leur nom à des sponsors, qu’Ali décide de faire pareil avec son propre patronyme.

Il lance alors un appel d’offre auprès des plus grands sites de rencontre de l’Hexagone.

La suite on la connaît: Ali Gourvennec devient alors Ali Baddou.

Fort du revenu stable que vous confère ce statut d’ambassadeur,
vous vous permettez alors des choix professionnels financièrement irresponsables.

Notamment celui de vous spécialiser dans la culture.

Ce nouveau sobriquet vous facilite également l’obtention d’un passeport marocain, dont vous dites qu’il est « pratique lorsqu’on doit passer une douane et qu’on ne veut pas que ça aille trop vite. Par exemple en sortie de repas. »

Cette binationalité certaines personnes vous la reprochent.
Dans les commentaires sous une vidéo YouTube, certains philosophes pré-pubères prétendent que vous êtes à Radio France grâce aux quotas.

Et j’ai envie de dire : quand bien même, Ali Baddou.
Moi c’est comme ça que j’ai fait le Jamel Comedy Club.

J’ai une autre théorie concernant votre arrivée à France Inter en 2016, qui coïncide tout de même plus ou moins avec les débuts de la radio filmée.

Technologie sans laquelle votre présence ici aurait bien sûr été un gâchis aberrant.

Car Ali Baddou n’est pas seulement beau. Il est beau à 6h57.
Ce qui est une qualité beaucoup plus rare.

Et encore s’il n’y avait que ça.
Mais il y a tant de sagesse, tant de savoir, derrière ces brillants petits yeux noirs et ce distingué pelage poivre et sel. Vous êtes comme une petite loutre qui aurait lu les plus grands auteurs.

Ce qui est le cas, je crois, puisque vous êtes « agrégé de philosophie ».

Moi je viens de Suisse donc je ne sais pas exactement ce que ça veut dire mais ça a quand même l’air vachement distingué.

Surtout pour quelqu’un comme moi qui quand il entend les noms de Kant, Nietzche et Schopenhauer: pense à une défense à 3 du Bayern de Munich.

Et puis ce n’est pas votre seul accomplissement académique, puisqu’après plusieurs années aux côtés de Pierre-Emmanuel Barré, le ministère de l’Intérieur vous accorde par équivalence un diplôme de surveillant pénitentiaire.

Vous savez faire avec les humoristes.
D’ailleurs il y a plus ou moins 24 heures, en plein milieu d’un monologue où j’exposais avec pertinence l’inutilité des enfants,

Vous avez balancé votre main en l’air pour me faire ralentir tel un chef d’orchestre.

Avec dans le poignet une souplesse d’une sérénité infinie.

Qu’on vous imagine très bien avoir jadis exploité pour sauver in extremis des oisillons tombés d’un nid.

Je n’avais jusqu’alors jamais pris un cours de solfège et vous m’avez pourtant fait sentir comme un violoniste. En sortant du studio j’attrape l’un des chocolats que vous avez amenés à vos collègues par altruisme et leadership.

Ces chocolats, ils sont suisses.
Je me dis qu’il y a des signes qui ne trompent pas.

Que j’ai de la chance de remplacer Daniel Morin cette semaine.
Oubliant presque que c’est pour lui donner le temps d’organiser des combats de chien dans la cave de sa maison de campagne.

Merci Ali Baddou, et à bientôt.

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