Cette chronique ne desservira qu’un poste de radio sur trois dans l’Ouest de la France

Françaises, Français, bonjour! 

Pardon oui je suis en retard, mais c’est pour aller avec le thème de ma chronique.

Donald Trump, les néonazis, Greta Tunberg, OM-PSG et pourtant le genre de phrases que j’ai le plus entendu dans les couloirs de Radio France hier c’était :
« Mais tu sais que Magalie elle a son fils qui est resté bloqué à Poitiers, hein. »

Ce qui en dit long sur l’omniprésence de la SNCF dans nos vies, et par extension sur son pouvoir de nuisance.

Attention moi j’essaie pas de me fâcher avec la SNCF !

La SNCF c’est plus de 142 000 employés. C’est la taille de Clermont-Ferrand. Et tout ça c’est des gens qui potentiellement achètent des billets de spectacle.

Notamment les veilles de RTT.

Exercer son droit de grève pour protéger ses acquis ou ceux de ses collègues, je peux comprendre. Bien sûr.  Mais comprendre, voire même soutenir, n’empêche pas que vous nous saoulez.

Et ils peuvent pas mal le prendre que ça nous saoule parce que c’est précisément le but de l’opération. Alors laissez nous nous défouler aussi.

Moi j’ai plus aucune objectivité avec la SNCF. Ce weekend, j’ai oublié ma veste dans le train, et je considère sincèrement que le TGV m’a volé ma veste.

La SNCF on adore la détester, en fait. C’est vrai.
D’ailleurs ça devrait être ça leur slogan.

« SNCF, vous allez adorer nous détester. »

Pendant longtemps c’était : « Des idées d’avance »

Un subterfuge publicitaire sensé faire oublier que le train a du retard en nous rassurant quant au fait que les idées, elles, sont ponctuelles.

En 91 : « Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous ».
Ça marche pour le progrès mais pas pour l’âge de la retraite, apparemment.

Mais plus on recule dans le temps, plus c’est attendrissant et moins les promesses sont ambitieuses:
1988 : « SNCF, c’est possible ! »

Adidas n'a rien inventé.

Et mon préféré, dans les années 70 :
« SNCF, prenons le train »

Pourquoi pas, après tout.
De toute façon ils ont pas besoin de nous convaincre.

La SNCF on l’a pas choisie, mais on est obligé de la côtoyer de temps en temps.

La SNCF c’est la famille, en fait !

Je vous dis ça, tout en n’ayant pas appelé ma mère depuis deux mois.

C’est vrai qu’on a souvent beaucoup moins de patience avec la famille.

D’autant plus que la SNCF souvent on la côtoie pas dans nos meilleurs moments.
En sueur étouffé sous des sacs et des mioches dans le stress du départ ou retour de vacances. La tête dans le cul sur le chemin ou le retour d’une journée de travail avec des collègues insupportables.

Hypothétiquement.

Dans ces circonstances mêmes certains usagers vegans peuvent mordre à la jugulaire.

Tu deviens tendu. Tu prônes la privatisation à la moindre composition modifiée du wagon. Et voilà justement pourquoi les gens de droite ne devraient pas se réjouir de la privatisation. Parce que tous les jours, dans des gares, y a des mecs qui deviennent de droite, à cause de la SNCF.

Et j’aimerais retourner ma veste encore une ou deux fois pour vraiment dire tout ce que je pense de cette institution, mais j’ai plus le temps. J’ai plus de veste.
Et j’ai un train à prendre.

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