Zemmour et Rioufol, quoi. Bon ben pour eux, c’est plutôt rassurant…

On savait que le cerveau n’était plus très bien irrigué, et maintenant au moins on sait pourquoi. L’afflux sanguin est juste encore un peu plus bas que ce que j’imaginais, parce que je pensais que tout partait dans les petits muscles des bras tant ça mouline toute la journée. Donc, nous voilà rassurés.

C’est fascinant de voir à quel point la branlette intellectuelle de quelques individus, dans trois arrondissements de Paris, peut aussitôt ébranler toute la France médiatique. Enfin, ici ça s’appelle « faire débat », alors je vais y aller de ma petite chronique.

Bon, la France entière est d’accord sur un point. Attention, parenthèse, on est d’accord que toute la France se sent concernée, et même au-delà. Jusqu’à Madagascar, où pour paraphraser l’écrivain Nicolas Fargues : « Si en France, tu es Jean-Claude Dus, à Madagascar, tu deviens Alain Delon ». Non, pas Delon… Depardieu… non plus… Enfin soit, vous voyez où je veux en venir…

Donc, le monde entier est d’accord sur un point : la comparaison avec le Manifeste des 343 salopes et un tout petit peu galvaudé.

Déjà, parce qu’ils sont 19.

Enfin, jusqu’à hier 9h, où ils n’étaient plus que 18, Nicolas Bedos a exprimé ses regrets.

Alors moi, je verrais plus une comparaison avec les « Douze salopards », un calibre 6 mm en poche pour partir à l’assaut. Ou alors, pour calmer le débat et être très très gentille, je veux bien les comparer aux Trois mousquetaires, puisqu’ils étaient quatre… En tous cas, les comparer à un truc à l’arithmétique douteuse. Exactement comme les To be three en fait.

Bon, bref, on nous vante 343 signataires, ils ne sont plus que 18…

Enfin, jusqu’à hier 18 heures où le réalisateur Daniel Leconte a déclaré qu’il n’avait pas signé. Là, on est plus qu’à 17 signatures. En police Times New roman 12 dans le magazine « Causeur », quand ils disent qu’ils sont 343, on s’attend à voir une liste longue de 17 cm. En fait ça ne fait que 3 cm…

Le manifeste lui-même est assez court, sans doute rédigé entre la douche et le paiement de la chambre d’hôtel.

Un texte que l'on a pu lire entre deux arrêts de métro. Et je vais d’ailleurs me pencher sur deux paragraphes de cette littérature : « Nous refusons que des députés édictent des normes sur nos désirs et nos plaisirs ».

J’en déduis que tout ce qui régule les désirs et les plaisirs est refusé. Et que les signataires militent donc aussi pour pouvoir déjeuner nu, au Café de Flore, en philosophant avec une mineure de moins de 16 ans, tout en fumant des Gitanes et en dégustant des ortolans, histoire de porter au moins un bout de tissu. Une serviette de table.

Plus loin, on peut lire: « Nous considérons que chacun a le droit de vendre librement ses charmes et même d’aimer ça. »

Contrairement à l’ouvrier sidérurgiste ou à la caissière syndiquée, ici, pas de pénibilité au travail. On n’aime ça. On est heureux d’apprendre qu’il n’y a pas que les fonctionnaires qui jouissent au travail.

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